Personne en scooter sur un chemin rural entouré de rizières et de palmiers, montagnes en arrière-plan.

Préparer un voyage à Bali : budget, visa, quand partir

Bali fonctionne selon des règles différentes de la plupart des destinations d’Asie du Sud-Est : un visa plein de subtilités, une circulation qui peut te bloquer une heure pour dix minutes de trajet, une police qui cible les touristes en scooter et des bureaux de change près de Kuta dont les tours de passe-passe impressionneraient un magicien de Las Vegas.

Voici mes conseils pratiques, prix compris. Pour les destinations et les itinéraires, mon guide complet pour visiter Bali prend le relais.

Préparer un voyage à Bali : quel visa et comment y aller ?

La plupart des nationalités, dont les Français, obtiennent un visa à l’arrivée (VOA) à l’aéroport de Ngurah Rai : 500 000 IDR (environ 30 EUR / 35 USD) pour 30 jours, prolongeables une fois de 30 jours dans un bureau d’immigration local.

La prolongation demande trois passages au bureau (déposer ton passeport, revenir pour les données biométriques, le récupérer). Des agents comme Bali Visas, Legal Legends ou Komala Visa, à Kuta/Legian, la réduisent à une seule visite pour 25 à 45 EUR de frais en plus : si tu sais avant de partir que tu restes 60 jours, ça vaut chaque roupie.

Mon meilleur conseil : demande l’e-VOA en ligne avant le départ, sur le site officiel (molina.imigrasi.go.id). Avec le mien, j’ai pris les portiques automatiques et contourné le guichet manuel ; même quand les portiques tombent en panne (ça arrive), tu évites la première des deux files, ton paiement étant déjà traité.

Des sites frauduleux imitent le portail et facturent le double : l’URL doit se terminer par .go.id. Le paiement coince parfois avec les cartes bancaires françaises, alors essaie un autre navigateur ou une autre carte.

Depuis Paris-CDG, pas de vol direct : les escales les plus courantes sont Singapour, Kuala Lumpur, Bangkok et Doha, le plus souvent avec Singapore Airlines via Singapour, Qatar Airways via Doha ou Emirates via Dubaï, pour 500 à 900 EUR l’aller-retour selon la saison. Réserver séparément Paris-hub puis hub-Bali fait parfois économiser, mais vérifie d’abord le transfert des bagages.

L’aéroport international Ngurah Rai (DPS) est à la pointe sud de l’île, près de Kuta (voir mon guide pour loger à Kuta près de l’aéroport). Avec l’e-VOA, l’immigration prend 15 à 30 minutes selon l’attente aux portiques ; sans, prévois une heure ou plus.

Aéroport Ngurah Rai, la porte balinaise face aux pistes, Bali
Aéroport Ngurah Rai. Photo : Ibnu Ilmi, Google Maps

Dans le hall des arrivées, j’ai traversé un mur de chauffeurs qui crient « Taxi ! Taxi ! » à chaque étranger, avec des premiers prix souvent absurdes : 1 million d’IDR pour une course qui devrait coûter 300 000.

Ma solution : un transfert pré-réservé via Klook ou Booking.com, à prix fixe, sans négociation, avec un chauffeur qui tient une pancarte à ton nom (environ 300 000-400 000 IDR, soit 18-25 EUR, vers Ubud). Grab marche aussi, mais il faut rejoindre à pied le point « Grab Lounge » du parking, et le surge pricing aux heures de pointe peut annuler l’économie.

Hall des arrivées de l'aéroport international Ngurah Rai à Bali
Le hall des arrivées de Ngurah Rai : avec mon e-VOA préparé en avance, j’ai évité les longues files d’attente.

Combien ça coûte ?

Pour moi, l’image de Bali ultra bon marché est à mettre à jour : les prix à Canggu, Seminyak et Uluwatu ont presque doublé depuis 2019, et Canggu est devenu la zone la plus inflationniste de l’île. Cela dit, 45 EUR par jour t’offrent encore un séjour confortable, et 90 EUR la catégorie villa avec piscine.

Niveau de budgetCoût journalier (solo)HébergementNourritureTransport
Routard22-30 EURDortoir en auberge (5-9 EUR/nuit)Warungs locaux uniquement (1-1,50 EUR/repas)Location de scooter
Milieu de gamme45-70 EURChambre privée ou homestay (18-27 EUR/nuit)Mix de warungs locaux et cafés occidentauxScooter + Grab occasionnel
Confortable90-135+ EURVilla privée avec piscine (35-45 EUR/nuit)Restaurants (27 EUR/jour)Chauffeur privé

Pour un couple, compte 1 800 EUR pour 12 jours hors vols, environ 75 EUR par personne et par jour : hébergement privé, repas locaux et au restaurant, activités et transport compris.

Sur place, un scooter se loue 70 000-100 000 IDR par jour (4-6 EUR), un repas de warung local coûte 15 000-25 000 IDR (1-1,50 EUR), un repas avec café dans un café occidental dépasse 100 000 IDR (6+ EUR) et un massage balinais d’une heure coûte 100 000-150 000 IDR (6-9 EUR). Un transat en beach club exige une dépense minimum de 1 à 3 millions d’IDR (60-180 EUR).

La bière Bintang est bon marché, les spiritueux importés et le vin lourdement taxés et chers : si tu bois, reste sur la bière locale et garde les cocktails pour un beach club occasionnel.

Mon astuce : quitter le sud touristique. Amed, Lovina et Sidemen restent proches des prix d’avant la pandémie, et un bungalow à Amed avec vue sur les rizières peut coûter aussi peu que 14 EUR la nuit. Budget serré ? Passe tes premiers ou derniers jours dans le sud pour la logistique, et l’essentiel du séjour au nord ou à l’est.

Bien manger pour presque rien est pour moi l’un des vrais plaisirs de Bali : un nasi goreng ou un mie goreng de warung coûte 1-1,50 EUR, et je le trouve souvent meilleur que la version à 7 EUR d’un café pour Occidentaux. La clé, c’est un fort roulement, donc des ingrédients frais et une nourriture qui n’a pas traîné.

Nasi goreng de ma recette maison
Envie de le refaire à la maison ? Ma recette de nasi goreng est sur le site.

J’ai cherché les endroits bondés de locaux à l’heure du déjeuner : menu uniquement en bahasa indonesia et chaises en plastique dépareillées, c’est le bon endroit. Je cuisine ces plats à la maison, ma recette de nasi goreng et mon mie goreng sont sur le site avec mes autres recettes de cuisine indonésienne, et mes adresses sont dans mon guide pour manger à Bali à petit budget.

Comment se déplacer à Bali ?

Le scooter est le moyen le plus rapide de circuler : un trajet de 45 minutes en voiture en prend 10, surtout dans les couloirs embouteillés de Canggu et du centre d’Ubud.

Le hic est sérieux : il te faut un permis moto (le permis A ou A2 français suffit) et un Permis de Conduire International (PCI) avec mention moto. Demande le PCI avant de partir, sur le site de l’ANTS ou en préfecture (gratuit, quelques semaines) : on ne peut pas en obtenir un légitime à Bali, quoi qu’en disent certains commerces.

Sans PCI et permis moto valides, ton assurance voyage annulera presque certainement toute indemnisation après un accident, avec des frais médicaux en milliers d’euros : la catastrophe financière la plus courante chez les touristes à Bali.

N’apprends pas à conduire ici : la circulation est chaotique, et les routes ont du sable, des nids-de-poule et des chiens errants. Les « tatouages de Bali » (brûlures de pot d’échappement sur le mollet, éraflures sur les avant-bras) marquent un certain type de touriste ; si tu n’as jamais conduit de moto, prends des leçons chez toi des mois avant, ou fais une croix sur le scooter.

Parmi les loueurs fiables : Bikago (assurance incluse, réservation en ligne, plus cher), Bali Bike House et Varuna dans la région d’Ubud. Vérifie que la location inclut un support de téléphone et un casque propre.

J’ai installé Grab et Gojek avant de partir ; leurs prix fluctuent, alors compare à chaque trajet. Grab accepte plus facilement une carte bancaire internationale, Gojek est souvent moins cher pour les moto-taxis (GoRide) et la livraison de repas (GoFood).

GoRide et GrabBike sont l’option économique : assis à l’arrière d’une moto dont le chauffeur se faufile dans le trafic, tu as la rapidité du scooter sans le risque de conduire, pour environ 20 000 IDR (1,20 EUR) la course minimum, plus aux heures de pointe.

À Canggu, dans le centre d’Ubud, près du temple d’Uluwatu et aux arrivées de l’aéroport, des groupes de transport locaux (parfois appelés la « mafia des taxis ») interdisent les prises en charge Grab et Gojek, et les chauffeurs qui y entrent risquent la confrontation. La parade : marche 200-300 mètres hors du centre touristique avant de commander, et assieds-toi à l’avant si le chauffeur le demande, pour moins ressembler à un passager de VTC. MyBluebird, l’appli officielle des taxis Bluebird, fonctionne dans la plupart de ces zones, les groupes locaux respectant généralement les taxis traditionnels.

Moto-taxi Grab dans une rue de Bali
Les moto-taxis Grab et Gojek, ma parade rapide et économique contre les embouteillages.

Pour les temples et les excursions, le chauffeur privé est l’option confortable et sans stress : 600 000-800 000 IDR (35-50 EUR) la journée complète de 10 heures, voiture et essence incluses, et jusqu’à 1 million d’IDR (60 EUR) pour un long trajet comme Ubud-Lovina aller-retour.

Méfie-toi des chauffeurs à moins de 500 000 IDR : ils complètent souvent leurs revenus en t’orientant vers des pièges à touristes à commission (plantations de café, ateliers d’argenterie, « galeries d’art traditionnelles »), et tu passes plus de temps en boutique qu’aux endroits que tu voulais voir. Payer 700 000+ IDR pour un chauffeur qui t’emmène où tu le demandes sans détour, c’est pour moi de l’argent bien dépensé.

Réserve via Klook pour des chauffeurs vérifiés, à prix fixe, avec service client. Offre-lui le déjeuner ou 50 000 IDR pour son repas, et un pourboire à la fin si le service était bon.

Nusa Penida, Nusa Lembongan et les îles Gili s’ajoutent souvent à un voyage à Bali, à la journée ou sur plusieurs jours. Les bateaux partent de Padang Bai (traversée plus courte, environ 1h30) ou de Sanur (plus longue, 3h+, mais plus proche des hôtels du sud de Bali).

Port de Padang Bai, les bateaux rapides dans la baie, Bali
Port de Padang Bai. Photo : Ervina PW, Google Maps

Des opérateurs comme Blue Water Express et Eka Jaya facturent 600 000-700 000 IDR (35-42 EUR) la traversée ; les stands près des ports vendent des billets à environ 250 000 IDR (15 EUR) sur des bateaux sans nom, plus petits, plus vieux et moins bien entretenus, et par mer agitée, la différence est une question de sécurité. Prends un comprimé contre le mal de mer 30 minutes avant d’embarquer, même avec un estomac solide : la traversée peut être agitée, surtout entre octobre et avril.

Où dormir pour en profiter ?

Ta base influence tout le voyage. Canggu est le hub des nomades numériques et des surfeurs, aux prix les plus élevés ; Ubud, dans les terres et entouré de rizières en terrasses, convient mieux à la culture et aux temples ; Seminyak est un cran au-dessus de Canggu en raffinement et en prix, avec de meilleurs restaurants.

Sanur est calme, accessible à pied et apprécié des familles et des visiteurs plus âgés. Sans scooter, il faut de la patience et le bon camp de base. Sanur a des rues plates et une promenade piétonne le long de la plage, où j’ai marché, et le centre d’Ubud se parcourt à pied pour les restaurants et les boutiques, donc les deux fonctionnent très bien sans aucun véhicule.

Promenade de Sanur, un pavillon au bord de la plage, Bali
Promenade de Sanur. Photo : Ксения Яценко, Google Maps

Canggu et Seminyak restent gérables en Grab voiture et en moto-taxi GoRide, mais tu poireauteras dans les embouteillages. Uluwatu, avec ses vues sur les falaises et ses beach clubs, nécessite un scooter ou un chauffeur pour aller où que ce soit. Mon guide pour choisir où dormir à Bali compare chaque quartier, et j’en ai un dédié à Ubud.

Comment payer sur place ?

Le cash reste roi : beaucoup de warungs, d’étals de marché et de petites boutiques refusent les cartes, alors garde toujours des roupies indonésiennes sur toi. Les billets sont en grosses coupures (ceux de 50 000 et 100 000 IDR sont courants), et la quantité de zéros demande quelques jours d’adaptation.

J’ai retiré mon argent aux distributeurs situés dans les agences bancaires (BCA, BNI, Mandiri). Évite ceux isolés dans la rue, surtout fixés sur des murs au hasard en zone touristique : les skimmers sont un problème connu, alors secoue le lecteur avant d’insérer ta carte, et s’il semble lâche ou volumineux, passe ton chemin.

Retire de gros montants moins souvent pour limiter les frais par transaction, préviens ta banque pour éviter un blocage de carte, et emporte une deuxième carte en secours.

Pour moi, les bureaux de change sont le plus gros piège à touristes de Bali et l’arnaque la plus rodée de l’île. Les bureaux vitrés de Kuta, Legian et Seminyak affichent des taux littéralement meilleurs que le cours du marché : premier signal d’alarme, car un commerce légitime ne peut pas vendre des devises sous son prix d’achat.

L’employé compte tes roupies lentement, billet par billet, en démonstration d’honnêteté. Puis vient le tour. En empilant les billets, il les tapote ou les presse contre le comptoir et en glisse dans une fente ou un tiroir caché, ou il plie la liasse dans une enveloppe en escamotant plusieurs billets. Parfois, une deuxième personne te pose une question pour te distraire une fraction de seconde : tu repars avec 20 à 30 % de moins que ce que tu avais compté.

La règle d’or : tu dois être la dernière personne à toucher l’argent avant ta poche, et si l’employé retouche la liasse après ton comptage, l’affaire est annulée, tu pars. Le mieux reste les distributeurs bancaires ; pour changer du liquide, choisis un « bureau de change agréé » au macaron vert « PVA Berizin », installé dans un vrai bâtiment, et fuis les cabines vitrées sur le trottoir.

Billets de roupie indonésienne et calculatrice
Les grosses coupures de roupies demandent un temps d’adaptation : à Bali, j’ai gardé du cash sur moi.

Le pourboire est facultatif et apprécié. La plupart des restaurants des zones touristiques ajoutent des frais de service, et au warung, laisser la petite monnaie (quelques milliers de roupies) est un geste sympathique. La norme est de 50 000-100 000 IDR (3-6 EUR) pour un chauffeur après une journée complète, et 20 000-50 000 IDR en plus de la séance pour un masseur.

Est-ce que c’est sûr ?

J’ai souscrit mon assurance voyage avant de prendre l’avion, c’est non négociable. La Carte Européenne d’Assurance Maladie (CEAM) ne couvre rien en Indonésie : il te faut une assurance privée, et des assureurs comme Chapka, ACS ou Allianz Travel ont des formules adaptées aux séjours en Asie.

Vérifie que ta police couvre les accidents de moto, et à quelles conditions : la plupart exigent un permis moto valide et un Permis de Conduire International, sinon l’hôpital est à ta charge, facilement 5 000-10 000 EUR ou plus pour des fractures à opérer.

La « Bali belly » (tourista) touche beaucoup de visiteurs, généralement dans les premiers jours. Bois de l’eau en bouteille, évite les glaçons des petits stands de bord de route (ceux des restaurants et des warungs établis viennent d’usines et sont généralement sûrs), mange dans des warungs fréquentés au fort roulement et lave-toi souvent les mains. Si ça t’arrive quand même, hydrate-toi avec des sels de réhydratation orale, vendus quelques centimes dans n’importe quelle pharmacie de Bali : la plupart des cas se résolvent en 24 à 48 heures.

Consulte un centre de vaccination internationale ou ton médecin traitant 4 à 6 semaines avant le départ : les vaccins contre l’hépatite A et la typhoïde sont couramment recommandés pour Bali, et celui contre la rage mérite réflexion vu le nombre de chiens errants. En France, les centres de vaccination internationale des hôpitaux (CHU) s’en chargent. Sans pré-vaccination, la morsure d’un chien non vacciné impose un traitement post-exposition immédiat, donc de trouver vite un hôpital.

Les chiens errants sont nombreux, surtout en zone rurale et autour des temples, dociles en journée pour la plupart mais parfois territoriaux la nuit : ne les touche pas, ne les nourris pas, ne t’en approche pas. En scooter, si un chien te fonce dessus, ne fais pas d’embardée (c’est ainsi que beaucoup de touristes se crashent) : garde ta vitesse et ta trajectoire, il s’arrêtera généralement. Si tu es mordu, nettoie la plaie immédiatement au savon et à l’eau pendant au moins 15 minutes et file à l’hôpital pour un traitement antirabique post-exposition.

Quelles arnaques éviter ?

Bali est une destination sûre, avec un écosystème bien rodé d’arnaques ciblant les touristes. Le risque est seulement financier : elles videront ton portefeuille si tu n’es pas au courant.

Des chauffeurs de taxi prétendent que leur compteur est « en panne » et proposent un forfait, généralement 3 à 5 fois le prix au compteur. La compagnie légitime est Bluebird (logo d’oiseau, chauffeurs en uniforme, compteurs qui fonctionnent), mais de faux taxis Bluebird existent, aux peintures similaires et aux logos qui diffèrent dans les petits détails. Passe par l’appli MyBluebird, ou reste sur Grab et Gojek, où le prix est verrouillé avant de monter.

Au temple de Besakih, le plus grand et le plus important de Bali, des rabatteurs agressifs à l’entrée affirment qu’il faut engager un guide pour entrer. C’est faux : j’ai acheté mon billet au guichet officiel et je suis entré sans guide. Le scénario se répète, avec moins d’insistance, dans de plus petits temples, et le guichet officiel fait toujours autorité sur ce qui est requis.

Temple de Besakih, le grand escalier et la porte fendue, Bali
Temple de Besakih. Photo : Gedaliah Minkowitz, Google Maps

Dans certains temples, des rabatteurs postés à l’extérieur, hors du guichet officiel, réclament une « donation » contre un sarong ou une bénédiction ; sur certains chemins à travers les rizières, des péages improvisés en exigent une pour ce qui est en fait un chemin public. Le droit d’entrée officiel se paie au comptoir officiel, et tout le reste est optionnel, peu importe l’insistance.

À Lempuyang, la célèbre photo des « Gates of Heaven », les portes du temple qui encadrent le mont Agung, implique 2 à 3 heures de queue pour une photo de 2 secondes, et le « reflet » dans l’eau qui la rend si parfaite sur Instagram est un miroir tenu sous l’appareil par le photographe. À toi de juger si l’attente en vaut la peine.

Temple de Lempuyang, les portes du temple, Bali
Temple de Lempuyang. Photo : Anup Kothekar, Google Maps

Les chauffeurs de circuits adorent les restaurants-buffets qui surplombent le mont Batur à Kintamani : nourriture chère et médiocre (plats de buffet froids qui traînent depuis des heures sous des lampes chauffantes), même si la vue est bien réelle. Pour le même panorama volcanique, j’ai choisi un des petits cafés le long de la route de crête de Kintamani, meilleur et moins cher. Ton chauffeur n’y touche aucune commission, c’est pourquoi il ne les suggère jamais.

Kintamani, le mont Batur et son lac depuis la crête, Bali
Kintamani. Photo : EveC, Google Maps

Les contrôles de police (appelés « operasi ») surprennent beaucoup de touristes : sur les routes principales de Kuta, Seminyak, Canggu et le long de Sunset Road, la police arrête chaque étranger en scooter. Avec des documents en règle (permis valide, PCI, casque sur la tête, t-shirt porté), on te fait généralement signe de passer sans un mot.

S’il manque quelque chose, l’agent parle d’une « amende ». La vraie amende implique un bordereau bleu et une date d’audience ; régler sur place en espèces, c’est un pot-de-vin, typiquement 50 000-200 000 IDR (3-12 EUR) si tu négocies calmement, jusqu’à 500 000-1 000 000 IDR si tu as l’air paniqué ou aisé.

Une stratégie répandue consiste à garder un portefeuille séparé avec seulement 50 000-100 000 IDR, que tu montres à l’agent comme tout ce que tu as. Je décris ce qui se passe réellement sur le terrain, sans te conseiller de payer.

Quelle carte SIM et quelles applications ?

Telkomsel a la meilleure couverture à Bali, y compris à Nusa Penida et aux îles Gili où les autres opérateurs décrochent. Une carte SIM s’achète à l’aéroport à l’arrivée (données immédiates, mais environ le double du prix) ou dans une petite boutique de téléphonie en ville (moitié prix, avec ton passeport pour l’enregistrement) ; attends le SMS de confirmation avant de quitter la boutique, pour t’assurer qu’elle est activée.

Le roaming de ton forfait français (Free, SFR, Orange, Bouygues) coûte cher en Indonésie, et la plupart des forfaits n’incluent pas l’Asie du Sud-Est : une SIM locale ou une eSIM revient bien moins cher.

Avec un téléphone compatible eSIM et déverrouillé, je recommande Airalo et Nomad. J’ai configuré mon eSIM avant l’avion et j’avais des données dès l’atterrissage : c’est un peu plus cher que les cartes SIM physiques locales, mais pour moi, éviter l’enregistrement et être connecté dès la première minute vaut le supplément.

Le WiFi varie énormément : en général fiable et rapide dans les cafés et espaces de coworking de Canggu et d’Ubud, prisés des nomades numériques, il peut être lent ou intermittent dans les hébergements bon marché et les maisons d’hôtes rurales. Si tu travailles à distance, ne compte pas sur le WiFi de ton hébergement : ta SIM locale ou ton eSIM avec un bon forfait data est ton plan B.

Six applications couvrent l’essentiel : Grab et Gojek pour les trajets et les repas, MyBluebird pour les taxis, Google Maps (télécharge la carte hors ligne de Bali avant ton vol), WhatsApp pour les chauffeurs, hôtels et tour-opérateurs, et l’appli de ton assurance voyage, pour avoir ton numéro de police et tes contacts d’urgence sans fouiller dans tes mails.

Quand partir et que mettre dans sa valise ?

Bali a deux saisons, sèche (avril à octobre) et humide (novembre à mars). La distinction compte, et aucune n’est rédhibitoire.

Pour moi, avril et mai sont le moment idéal : pluies terminées, fréquentation encore modérée, prix encore sous la haute saison. De juin à août, la haute saison offre le meilleur temps (ensoleillé, faible humidité, soirées fraîches à Ubud), mais les foules et les prix montent en flèche, et les tarifs hôteliers à Seminyak et Uluwatu grimpent de 30 à 50 % au-dessus de l’intersaison. Septembre et octobre ressemblent à avril et mai : temps excellent, foules qui s’amenuisent, prix plus bas.

Novembre commence doucement avec des averses occasionnelles, et décembre apporte des pluies plus fortes et le rush de Noël et du Nouvel An, donc des prix de haute saison malgré la météo. Janvier et février sont les mois les plus pluvieux (averses quotidiennes l’après-midi, humidité plus élevée, quelques activités de plein air perturbées), mais les matinées sont souvent dégagées, la pluie dure rarement toute la journée, et mars commence à s’assécher.

Le grand avantage de la saison humide est le prix : l’hébergement chute de 30 à 50 % partout, et tu partages les temples et les rizières en terrasses avec bien moins de monde.

Saison sèche et saison des pluies à Bali
Mes périodes préférées pour Bali : avril-mai et septembre-octobre, le meilleur compromis entre météo et affluence.

Le festival de Nyepi (Nouvel An balinais, généralement en mars) met l’île à l’arrêt pendant 24 heures : pas de vols, pas de circulation, pas d’électricité, interdiction de quitter ton hôtel. C’est une expérience à part si tu t’y prépares ; s’il tombe en plein voyage, prévois de quoi manger et t’occuper dans ton hébergement, car rien d’autre ne sera ouvert.

Chaque temple exige des genoux et des épaules couverts : il te faut un sarong, ou au moins une longue écharpe. Beaucoup de temples en prêtent à l’entrée, mais ils sont souvent humides du visiteur précédent : j’ai apporté le mien, plus hygiénique, et j’ai évité une file d’attente de plus. Un sarong long et léger se plie jusqu’à presque rien.

Touriste portant un sarong pour visiter un temple balinais
Le sarong est obligatoire pour entrer dans les temples balinais : j’ai apporté le mien.

Entre novembre et mars, emporte un poncho de pluie compact ou une veste imperméable : les averses intenses de l’après-midi durent 1 à 2 heures puis se dissipent, et un poncho, qui ne coûte presque rien et ne pèse rien, t’évite une douche en scooter ou entre deux temples. Les coques étanches pour téléphone ou les sacs ziplock pour l’électronique valent aussi leur petite place.

Le reste de ma liste : crème solaire respectueuse des récifs (SPF 50), gourde réutilisable (stations de recharge courantes en zone touristique), répulsif anti-moustiques au DEET, petite trousse de premiers secours avec antiseptique pour les égratignures, tongs pour tous les jours plus des chaussures fermées ou des sandales aquatiques qui adhèrent sur les escaliers des temples et les chemins glissants des rizières, et une lampe frontale ou de poche pour les temples au petit matin et les coupures de courant en zone rurale.

Mes autres guides pour Bali

Si tu combines Bali et la Thaïlande, mes conseils pour préparer un voyage à Bangkok et à Phuket reposent sur beaucoup des mêmes principes (sécurité en scooter, applis de VTC, vigilance face aux arnaques). Si tu continues vers le Vietnam, lis mon guide pour préparer un voyage à Hanoï. Pour tout le reste, commence par mon guide complet pour visiter Bali.

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