Mizu yōkan - En-tete

Mizu yōkan – gelée japonaise aux haricots rouges

Un yōkan léger à l’agar-agar et pâte de haricots rouges, délicatement sucré, à servir bien frais après une prise parfaite au réfrigérateur.

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5/5 (13)

Il fait lourd, l’appétit traîne, et pourtant une tranche de mizu yōkan sortie du réfrigérateur disparaît en trois bouchées. Le bloc tremble sur la cuillère, casse net, puis fond aussitôt sur la langue en laissant le goût rond de l’adzuki et une fraîcheur d’eau claire.

Il n’y a presque rien dedans : des haricots rouges, du kanten, de l’eau, une pincée de sel. On le croit trop sage pour marquer, jusqu’à la deuxième part.

Zenzai japonais
L’autre visage des haricots rouges, chaud celui-là : le zenzai

Le mizu yōkan, qu’est-ce que c’est ?

Mizu yōkan signifie littéralement « yōkan à l’eau ». C’est un wagashi, une de ces confiseries japonaises que l’on sert volontiers avec du thé vert. Le nom dit l’essentiel : il contient bien plus d’eau que le neri-yōkan, la version dense et sucrée pensée pour se garder longtemps. Un bon mizu yōkan se casse nettement, sans élasticité, se dissout vite en bouche, et garde une couleur uniforme du haut en bas.

Le mot yōkan, lui, vient de loin. Ses caractères désignaient à l’origine une soupe chinoise au mouton qui prenait en refroidissant, rapportée au Japon par des moines zen. Le bouddhisme végétarien a fait le reste : la viande a laissé la place aux haricots adzuki, à la farine et à l’amidon.

Dorayaki japonais
Même pâte d’adzuki, tout autre format : les dorayaki

Du ragoût de mouton à la gelée d’adzuki

Dans les cuisines des temples médiévaux, le shōjin ryōri interdisait la chair animale. Les cuisiniers ont donc transposé la préparation importée en version végétale : les adzuki pour la couleur et la profondeur, la farine et l’amidon pour la tenue. Le résultat n’était plus une soupe mais une douceur cuite à la vapeur.

L’époque d’Edo change tout. Le kanten, perfectionné au XVIIe siècle, permet de faire prendre les mélanges de haricots sucrés en gelées nettes, faciles à trancher, au lieu de blocs lourds. Au début du XIXe siècle, le journal de Kaneko Tsurumura, du domaine de Kaga, mentionne déjà le mizu yōkan comme une catégorie à part : plus légère, plus aqueuse, plus fragile.

Reste le paradoxe de la saison. Les grands magasins le vendent comme un plaisir de juillet et d’août, taillé pour les cadeaux d’ochūgen, mais à Fukui et à Nikkō il appartient à l’hiver : avant le réfrigérateur, seuls les pièces froides et l’air vif des montagnes protégeaient une douceur aussi hydratée. Le vocabulaire suit les régions.

À Fukui et dans une partie du Kansai, « decchi-yōkan » désigne un mizu yōkan particulièrement aqueux, alors qu’à Shiga le même mot renvoie à une confiserie cuite à la vapeur, à base de farine et de haricots, enveloppée dans des feuilles de bambou.

Mochi glacé maison
Autre douceur qu’on sort du froid : le mochi glacé

Les ingrédients principaux du mizu yōkan

Mizu yōkan - ingrédients

Le koshian donne au mizu yōkan sa structure, sa teinte brun-rouge feutrée et son goût de haricot. Les peaux sont retirées et la pâte tamisée, d’où un gel soyeux plutôt que granuleux. L’eau, elle, est l’ingrédient qui donne son nom au dessert : elle le rend léger et rafraîchissant, mais aussi très périssable et nettement plus exigeant à réussir.

Le kanten est l’agent gélifiant, tiré du tengusa et d’autres algues rouges. Il s’active à l’ébullition et prend entre 30 et 40 °C, ce qui donne un gel ferme, cassant, stable à température ambiante.

La gélatine ne fait pas le même travail : d’origine animale, elle fond à la température du corps et apporte de l’élasticité au lieu de cette cassure nette. Certains produits vendus comme agar-agar, formulés autrement que le kanten pur, donnent eux aussi une texture plus souple et tremblante.

Le sucre est en général blanc, mais les versions de Fukui emploient souvent du kokutō, plus foncé, avec des notes de mélasse. Une pincée de sel affine la douceur, relève le côté terreux de l’adzuki et évite une finale plate. Même l’eau compte : une eau douce et peu minéralisée, comme celle des montagnes de Nikkō, donne une prise plus tendre.

Mitarashi dango japonais
À servir avec un thé, comme les mitarashi dango

Repères d’authenticité et pièges à éviter

Tout se lit dans la tranche : lisse, uniforme, sans couche pâle en surface ni bande dense au fond. Un bloc à deux couches trahit un bunri, la séparation qui se produit quand la pâte de haricots retombe avant que le gel ne prenne.

Le remède tient en un geste, laisser refroidir le mélange en remuant jusqu’à ce qu’il épaississe vers 40 °C, pour que la pâte reste répartie. Et comme le dessert est très hydraté, il se garde au réfrigérateur et se mange dans les trois à cinq jours.

Mizu yōkan - En-tete

Mizu yōkan – gelée japonaise aux haricots rouges

Un yōkan léger à l’agar-agar et pâte de haricots rouges, délicatement sucré, à servir bien frais après une prise parfaite au réfrigérateur.
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5/5 (13)
Temps de préparation: 30 minutes
Temps de cuisson: 20 minutes
Temps total: 50 minutes
Type de plat: Dessert
Cuisine: Japonaise
Portions: 10
Auteur: Marc Winer

Ingrédients

  • 450 g d’eau
  • 2 g d’agar-agar en poudre
  • 15 g de sucre brun de préférence type kokutō
  • 250 g de koshian (pâte de haricots rouges lisse)
  • 0.5 g de sel

Procédé

Cuisson et mélange

  • Mettre l’eau, l’agar-agar et le sucre brun dans une casserole.
    450 g d’eau, 2 g d’agar-agar en poudre, 15 g de sucre brun
    Mizu yōkan - Mettre l'eau, l'agar-agar et le sucre brun dans une casserole.
  • Chauffer jusqu’à complète dissolution.
    Mizu yōkan - Chauffer jusqu'à complète dissolution.
  • Maintenir l’ébullition plus d’1 minute (étape clé pour la prise).
    Mizu yōkan - Maintenir l'ébullition plus d'1 minute, étape clé pour la prise.
  • Ajouter le sel.
    0.5 g de sel
    Mizu yōkan - Ajouter le sel.
  • Passer le koshian au tamis, puis l’incorporer au mélange comme pour délayer du miso.
    250 g de koshian (pâte de haricots rouges lisse)
    Mizu yōkan - L'incorporer au mélange, comme pour délayer du miso.
  • Remuer dans la casserole environ 15 minutes, jusqu’à léger épaississement.
    Mizu yōkan - Remuer dans la casserole environ 15 minutes, jusqu'à léger épaississement.

Refroidissement, prise et service

  • Laisser tiédir environ 20 minutes en remuant pour évacuer la chaleur résiduelle (remuer empêche la séparation en deux couches).
  • Verser dans un plat rectangulaire.
    Mizu yōkan - Verser dans un plat rectangulaire (bat).
  • Réfrigérer jusqu’à prise complète.
  • Couper en portions et servir bien frais.
    Mizu yōkan - Couper en portions et servir bien frais.

Notes

Important : remuer le mélange pendant qu’il refroidit est essentiel : sans cela, la pâte de haricots et la gelée d’agar se séparent en deux couches.
Sucre : ~15 g donne un goût proche des confiseries, tandis que 30 g donne une prise plus régulière, plus facile pour les débutants.
Variantes : ajouter des châtaignes ; ou réaliser une version aux fleurs de cerisier salées, en coulant sur la gelée déjà prise une seconde gelée refroidie (200 g d’eau, 2 g d’agar-agar, 20 g de sucre) garnie de fleurs de cerisier dessalées.
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2 commentaires

  1. 5 stars
    Tellement rapide et facile à faire, même en rentrant crevé et sans beaucoup de temps un soir de semaine, et le résultat est super frais. Les explications pour remuer pendant le refroidissement m’ont vraiment aidé à obtenir une prise parfaite 😊

  2. 5 stars
    Merci pour cette recette de mizu yōkan, les explications sur la prise et l’astuce de remuer pendant le refroidissement m’ont vraiment aidé à obtenir une texture bien lisse et uniforme 😊

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