Tapsilog - En-tête

Authentique Tapsilog Philippin

Un classique petit-déjeuner philippin composé de bœuf mariné caramélisé (tapa), de riz sauté à l’ail (sinangag) et d’œufs au plat, servi avec un sawsawan au vinaigre.

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L’ail touche l’huile bien chaude et envoie une bouffée poivrée dans toute la pièce. Le riz crépite pendant que les gousses prennent une couleur dorée. À côté, des tranches de bœuf, la tapa, saisissent, bords caramélisés et fumés.

Un jaune bien rond attend de couler et d’enrober chaque bouchée. Sur le bord : une soucoupe de suka (vinaigre) épicé, peut-être une touche d’atchara (pickles). C’est le tapsilog tel que le servent d’innombrables tapsihan et carinderia : une icône nationale de la cuisine philippine. « Difficile de faire mieux que le tapsilog classique : de la tapa tendre avec du riz et un œuf, cuisiné par quelqu’un qui y met du cœur, et mangé avec un petit goût de nostalgie. » Le nom lui-même vous dit ce qui doit être dans l’assiette.

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Le Tapsilog, qu’est-ce que c’est ?

Le tapsilog tient sa promesse dans son nom : tapa (bœuf salé ou saumuré) + sinangag (riz frit à l’ail) + itlog (œuf au plat). Traditionnellement, la tapa désigne du bœuf salé ou saumuré avec de l’ail, du sel (souvent gros), du poivre noir concassé et, parfois, un filet de vinaigre de canne.

La viande est ensuite séchée à l’air ou au soleil sur un bilao, avant une cuisson rapide à la poêle ou au gril. Les cuisiniers d’aujourd’hui font parfois l’impasse sur le séchage, tout en recherchant une finition bien dorée et plutôt sèche, qui concentre le goût du bœuf. Le sinangag doit rester sec et très parfumé : très aillé, et surtout pas gras, dans l’esprit d’un riz frit bien détaché. L’œuf se cuit au plat, « dapa » ou « mata ng toro », avec un jaune coulant qui fait office de sauce (à rapprocher d’un tamago kake gohan).

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En bouche, tout doit tomber juste : savoureux, aillé, avec une pointe acidulée et salée. Évitez un résultat trop sucré, façon tocino. La règle est simple : le tocino est sucré, la tapa ne l’est pas. Une marinade sobre garde le goût net de la viande au premier plan : sauce soja, calamansi, ail, poivre noir et juste un soupçon de sucre.

Le toyomansi, mélange de sauce soja et de calamansi, est considéré comme traditionnel ; beaucoup de cuisiniers gardent un ratio approximatif de 2 pour 1 (deux parts de soja pour une part de calamansi). Les versions marinées au vinaigre sont tout aussi authentiques.

En accompagnement : un vinaigre épicé au siling labuyo (piment). L’atchara apporte de la vivacité, tandis que le ketchup à la banane est un ajout moderne qui divise. Alors, comment cette simple technique de salaison est-elle devenue une icône du petit-déjeuner à Manille ?

Origines du Tapsilog

À Manille, dans les années 1980, l’enseigne Tapsi ni Vivian, fondée par Vivian Del Rosario, a propulsé le tapsilog hors du tapsihan de quartier en suscitant un engouement à l’échelle de la ville. La formule, tapa, sinangag, itlog, n’était pas nouvelle, mais le succès de l’échoppe a transformé le combo en petit-déjeuner emblématique.

Bien avant ce boom, la tapa n’était qu’une technique : saler la viande avec du sel, de l’ail et un acide, puis la faire sécher à l’air ou au soleil sur un bilao, avant une cuisson rapide à la poêle ou au gril. Une cuisinière se souvient : « Papa faisait de la tapa de bœuf… marinée un peu comme l’adobo (toyo, vinaigre, sucre, poivre, ail)… puis il la faisait sécher à l’air. »

Dans l’Ilocos, le sukang Iloko, sombre et bien tranchant, et la chaleur sèche se prêtent au séchage au soleil ; dans les Visayas, le kusahos ou kasajos ilonggo fait mariner la viande façon adobo et la fait sécher de un à trois jours, « plus c’est sec, mieux c’est ».

Selon les régions, les protéines varient : bœuf local, carabao pour le tapang kalabaw, voire cheval pour le tapang kabayo. Manille a modernisé le plat : fines tranches dans un mélange soja et calamansi, plus ou moins sucré-salé, souvent sans séchage, puis cuites directement à la poêle, parfois avec un peu d’eau puis de l’huile. Le résultat est délicieux, mais peut s’éloigner du profil recherché dans une tapa de style ilocano.

Malgré tout, la tapa classique reste poêlée ou grillée jusqu’à une finition dorée et assez sèche ; des versions bouillies puis frites, ou plus humides, existent, mais s’éloignent du marqueur clé : la viande salée et séchée.

Au final, dans l’assiette, on retrouve un bœuf tendre mais avec de la mâche, du riz bien aillé, et un œuf coulant, avec une sawsawan (sauce d’accompagnement) vinaigrée et relevée. C’est ce contraste qui a scellé le statut du tapsilog comme petit-déjeuner réconfortant incontournable aux Philippines.

Ingrédients principaux du Tapsilog

Tapsilog - Ingrédients
  • Bœuf (aloyau ou bavette ; carabao ou cheval selon les régions) : protéine principale, avec un umami profond et une mâche satisfaisante. Coupez fin : à contre-fibre pour plus de tendreté, dans le sens des fibres pour garder une belle tenue. Un peu de gras de surface ou de persillage renforce l’arôme et la coloration.
  • Sauce soja (toyo) : pilier salé et umami. Elle assaisonne en profondeur et favorise la réaction de Maillard, pour obtenir des bords bien dorés.
  • Jus de calamansi (toyomansi) ou vinaigre de canne (par exemple sukang Iloko) : l’acidité réveille et attendrit légèrement. Le toyomansi tire vers l’acidulé d’agrume ; une salaison au vinaigre sera plus tranchante. Beaucoup de cuisiniers gardent un ratio d’environ 2 pour 1 entre soja et acide.
  • Ail (en quantité) : la signature, pour la tapa comme pour le sinangag. Il parfume la marinade, puis revient dans le riz pour ce punch aillé typiquement philippin, notamment avec de l’ail frit.
  • Poivre noir : une chaleur poivrée, ronde, qui équilibre le goût du bœuf sans l’écraser.
  • Roucou (atsuete), optionnel : donne une teinte rougeâtre typique de la tapa ; l’impact aromatique reste faible.
  • Riz blanc cuit de la veille : la base du sinangag. Plus sec, refroidi, il se travaille facilement : les grains se séparent bien à la poêle et restent détachés, non gras, très aillés.
  • Œufs (au plat ; « dapa », « mata ng toro ») : un jaune coulant apporte de la richesse et sert de sauce, en liant les notes salées, aillées et acidulées (si vous appréciez les œufs marinés, voyez les œufs à ramen).
  • Condiments et accompagnements : le vinaigre épicé au siling labuyo est la sawsawan traditionnelle, idéale pour couper le gras ; l’atchara apporte un contraste vif et croquant. Le ketchup à la banane est un extra plus moderne, discuté.
  • Remarque sur les ajouts : la sauce huître, le ketchup ou le glutamate sont souvent considérés comme des ajouts superflus qui brouillent le goût net de la viande salée et séchée ; l’authenticité privilégie la retenue et les listes d’ingrédients courtes, avec des sauces et condiments bien choisis.

Variantes régionales du Tapsilog

Ilocos/Nord : tapa maigre, peu sucrée, salée avec du sukang Iloko, du sel, du poivre et beaucoup d’ail ; le climat chaud et sec se prête au séchage au soleil. Souvent frite jusqu’au croustillant, elle est appréciée pour son profil très franc. Comme le raconte un amateur de cuisine à propos d’une tapa façon ilocano achetée sur un marché traditionnel de Manille : « pas sucrée, pas trop salée ; la viande garde toute sa belle saveur de bœuf… tendre, avec juste ce qu’il faut de gras jaune sur le côté. »

Luzon central : parfois une touche de patis (sauce poisson) ; le tapang kalabaw apparaît. Plus d’ail et de soja, moins de sucre. Le tocino, souvent sucré à l’ananas, relève d’un autre registre ; ne confondez pas les profils.

Visayas (kusahos/kasajos ilonggo) : salaison façon adobo (vinaigre, soja, ail, poivre), séchée au soleil 1 à 3 jours ; « plus c’est sec, mieux c’est », pour un goût concentré et croustillant.

Mindanao : la sauce soja avec du 7 Up illustre la créativité locale ; il existe aussi le Tapa Sulu et des variantes assaisonnées au tausi.

Métro Manille (moderne) : fines tranches dans un mélange soja et calamansi sucré-salé, souvent sans séchage ; parfois effilochée ou façon ginisa. Le résultat est savoureux, mais plus éloigné de l’idéal « salé-séché ».

Tapsilog - En-tête

Authentique Tapsilog Philippin

Un classique petit-déjeuner philippin composé de bœuf mariné caramélisé (tapa), de riz sauté à l’ail (sinangag) et d’œufs au plat, servi avec un sawsawan au vinaigre.
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Temps de préparation: 25 minutes
Temps de cuisson: 25 minutes
Temps total: 50 minutes
Type de plat: Petit déjeuner
Cuisine: Philippine
Servings: 4
Author: Marc Winer

Matériel

Ingrédients

  • 950 g de riz cuit idéalement long grain, refroidi au réfrigérateur toute une nuit (compter ~50% du poids en riz sec)
  • 500 g de bœuf finement tranché
  • 6 œufs
  • 1 tête d’ail hachée (en réserver une partie pour le riz et éventuellement le sawsawan)
  • 4 cuillères à soupe de vinaigre plus un peu pour le sawsawan (optionnel)
  • sel selon le goût
  • poivre selon le goût
  • huile de cuisson
  • de sucre brun facultatif, pour une tapa légèrement sucrée
  • d’assaisonnement Maggi Magic Sarap facultatif
  • de piment facultatif, pour le sawsawan

Procédé

Marinade (tapa)

  • Réserver une partie de l’ail pour le sinangag et, si souhaité, pour le sawsawan, puis utiliser le reste pour la marinade.
    1 tête d’ail
  • Mélanger le bœuf avec le vinaigre, l’ail de la marinade, le sel et le poivre. Ajouter le sucre brun si désiré, couvrir et laisser mariner au réfrigérateur toute une nuit (ou plus).
    500 g de bœuf, 4 cuillères à soupe de vinaigre, sel, poivre, de sucre brun
    Tapsilog - Mélanger le bœuf avec le vinaigre, l'ail de la marinade, le sel et le poivre, ajouter le sucre brun si désiré, puis couvrir et laisser mariner au réfrigérateur toute une nuit ou plus.

Cuissons

  • Dans une poêle antiadhésive, faire frire les œufs au plat dans un peu d’huile en gardant le jaune intact, puis réserver.
    6 œufs, huile de cuisson
    Tapsilog - Dans une poêle antiadhésive, faire frire les œufs au plat dans un peu d'huile, avec le jaune intact, puis réserver.
  • Égoutter soigneusement le bœuf et le laisser s’égoutter quelques minutes pour limiter l’excès de liquide à la cuisson.
    Tapsilog - Égoutter soigneusement le bœuf et le laisser s’égoutter quelques minutes pour limiter l’excès de liquide à la cuisson.
  • Dans la même poêle à feu moyen, ajouter un peu d’huile si nécessaire. Cuire le bœuf en une seule couche (sans surcharger) en le retournant, 3 à 5 minutes, jusqu’à ce qu’il rende son jus et que le liquide soit presque absorbé.
    Tapsilog - Déposer le bœuf en une seule couche sans surcharger la poêle, puis cuire en le retournant, environ 3 à 5 minutes, jusqu’à ce qu’il rende son jus et que le liquide soit presque absorbé.
  • Quand la poêle est presque sèche, ajouter un peu d’huile si besoin puis poursuivre la cuisson jusqu’à ce que le bœuf soit bien doré et caramélisé (baisser le feu si du sucre brun a été ajouté). Répéter avec le reste du bœuf et réserver la tapa au chaud.
    Tapsilog - Quand la poêle est presque sèche, ajouter un peu d'huile si nécessaire, puis poursuivre la cuisson en poêlant jusqu’à ce que le bœuf soit bien doré et caramélisé, en baissant le feu si du sucre brun a été ajouté.

Sinangag (riz sauté à l’ail)

  • Dans la même poêle, ajouter un peu d’huile et faire revenir l’ail réservé pour le sinangag jusqu’à ce qu’il soit doré.
    Tapsilog - Dans la même poêle, ajouter un peu d'huile et faire revenir l'ail réservé pour le sinangag jusqu'à ce qu'il soit doré.
  • Ajouter le riz froid, le défaire à la spatule, puis le faire sauter jusqu’à ce qu’il soit bien chaud et que les grains se séparent.
    950 g de riz cuit
    Tapsilog - Ajouter le riz froid et le défaire à la spatule, puis le faire sauter jusqu’à ce qu’il soit bien chaud et que les grains se séparent.
  • Assaisonner le riz avec du sel et, si désiré, du Maggi Magic Sarap, puis mélanger pour bien répartir.
    d’assaisonnement Maggi Magic Sarap

Service

  • Servir la tapa, le sinangag et les œufs dans une assiette. Si souhaité, proposer un sawsawan en mélangeant du vinaigre avec un peu d’ail, de sel et de piment.
    de piment
    Tapsilog - Servir la tapa, le sinangag et les œufs dans une assiette, avec un sawsawan de vinaigre mélangé à un peu d'ail, de sel et de piment.

Notes

  • Préparez le riz la veille : un riz froid et un peu sec se saute mieux et donne des grains bien séparés.
  • La marinade est idéalement faite la veille (temps au réfrigérateur non inclus dans le temps total).
  • Cuire le bœuf en petites fournées évite qu’il ne bouille et aide à obtenir une belle caramélisation.
As-tu réalisé cette recette ?Tague @marcwiner sur Instagram !

Sources culinaires

L’histoire du tapsilog et où tout a commencé – Esquire Philippines (anglais)
Tapa de bœuf philippine – Kawaling Pinoy (anglais)
Tapa de bœuf maison – Panlasang Pinoy (anglais)
Tapa de bœuf de surlonge à la Marketman – Market Manila (anglais)
Recette de tapa de bœuf maison – Pinoy Recipe at iba pa (anglais)
Tapa de bœuf philippine – Iankewks (anglais)
Tapa de bœuf à la manière ilonggo appelée « Kusahos » – Flavours of Iloilo (anglais)
Quelle est votre meilleure recette de tapa de bœuf ? – Reddit (anglais)
Recette de tapa de bœuf – Foxy Folksy (anglais)
Tapsilog – (tapa, sinangag et œuf) – Busog! Sarap! (anglais)
Tapa de bœuf maison : ketchup ou vinaigre ? – Reddit (anglais)
Mon tapa n’a pas le goût du tapa. À l’aide – Reddit (filipino)

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