Temple asiatique traditionnel entouré de jardins, avec des visiteurs marchant sur une allée pavée.

Que voir à Hanoi : Vieux Quartier, temples et mes sites

Hanoi a été fondée en 1010, quand l’empereur Ly Thai To a déplacé sa cour sur les rives du fleuve Rouge : mille ans plus tard, un temple confucéen de 1070 y est à quinze minutes à pied d’un opéra colonial français achevé en 1911.

Que voir à Hanoi ? Voici mes 18 sites, avec les frais d’entrée, les codes vestimentaires, le bon moment pour y aller et les arnaques à éviter. Pour l’essentiel, des chaussures confortables et la volonté de traverser le trafic m’ont suffi, sans voiture ni bus touristique.

Vue panoramique du Vieux Quartier de Hanoi, rues étroites et toits coloniaux au coucher du soleil
Le Vieux Quartier de Hanoi, que j’ai parcouru à pied.

1. Se perdre dans les 36 rues du Vieux Quartier

Rue étroite du Vieux Quartier de Hanoi, vendeurs de rue et enseignes colorées
Une rue du Vieux Quartier : je me suis perdu exprès dans ses ruelles.

Le Vieux Quartier (Phố Cổ) est le berceau de Hanoi. Ses 36 rues étaient organisées par corporations au XIIIe siècle, une rue par métier : Hàng Gai pour la soie, Hàng Bạc pour l’argent, Hàng Mã pour les objets en papier et cérémoniels. La plupart vivent aujourd’hui du tourisme, mais Hàng Gai vend toujours de la soie et du sur-mesure, et Hàng Bạc des bijoux en plus de son orfèvrerie. Je me suis perdu exprès dans les ruelles, les « ngõ », qui mènent à des marchés couverts insoupçonnés, des ateliers familiaux et de petits sanctuaires bouddhistes absents des cartes.

Pour traverser, l’anxiété est bien réelle : très peu de feux, dix fois plus de motos que de voitures. Ma technique : avancer à un rythme régulier, sans m’arrêter ni faire de geste brusque, et les motos m’ont contourné comme l’eau contourne un rocher. Ne cours pas, ne te fige pas, ne cherche pas le regard des conducteurs : ils s’adaptent.

Si tu es nerveux, emboîte le pas d’un habitant qui traverse et reste de son côté face au trafic, la main légèrement levée. Le bord de la chaussée est souvent plus praticable que le trottoir, encombré de motos garées, de tabourets en plastique et de vendeurs ambulants.

2. Voir les fresques de Phùng Hưng et la cathédrale Saint-Joseph

En bordure ouest du Vieux Quartier, la rue des fresques Phùng Hưng décore les arches de l’ancien viaduc ferroviaire de scènes du Hanoi d’autrefois : vendeurs ambulants, cyclo-pousse, ancien réseau de tramway. J’en ai fait mon arrêt photo, loin de la foule des rues commerçantes principales.

Tout près, la cathédrale Saint-Joseph (1886), inspirée de Notre-Dame de Paris, a une façade néo-gothique noircie par les intempéries tropicales qui paraît bien plus vieille que ses 140 ans. Les rues autour, Nhà Thờ et Lý Quốc Sư, sont pour moi le meilleur cadre du Vieux Quartier pour une terrasse : j’y ai pris un trà chanh (thé glacé au citron vert) en regardant la foule du soir.

3. Flâner dans les rues piétonnes du week-end, autour du lac Hoàn Kiếm

Du vendredi au dimanche soir, les rues autour du lac Hoàn Kiếm deviennent piétonnes, et c’est pour moi le meilleur moment pour le Vieux Quartier : familles, artistes de rue, jeux traditionnels (tir à la corde, danse du bambou), enfants en mini voitures électriques et reprises de K-pop sur des scènes improvisées remplacent les motos. Le marché nocturne vend surtout des souvenirs bon marché et des vêtements ; j’y suis allé pour l’ambiance, et si tes dates tombent sur un week-end, ne rate pas ces soirées.

Le quartier est extrêmement sûr côté criminalité violente, mais les petites arnaques y sont monnaie courante. Des femmes avec des paniers sur une palanche te posent leur attirail sur les épaules pour une « photo », puis exigent 500 000 VND (environ 18 €) ; un cireur touche tes chaussures en terrasse, les nettoie ou les recolle sans y être invité, puis réclame une somme excessive. En cyclo-pousse, fixe le prix par écrit avant de monter : la « confusion » sur le nombre de zéros est un grand classique. Un « non » ferme et poli suffit, et mon guide pour préparer un voyage à Hanoi détaille les arnaques courantes.

4. Voir le lac Hoàn Kiếm à l’aube

Le pont rouge Thê Húc et le temple Ngọc Sơn sur le lac Hoàn Kiếm, à Hanoi, au lever du soleil
Le pont Thê Húc et le temple Ngọc Sơn au lever du soleil, mon moment préféré au bord du lac.

Le lac Hoàn Kiếm, entre le Vieux Quartier au nord et le quartier français au sud, est le centre géographique et émotionnel de Hanoi. Son nom, « lac de l’Épée restituée », vient de la légende de l’empereur Lê Lợi : une tortue dorée lui remit une épée magique pour repousser les envahisseurs chinois au XVe siècle, et il la lui rendit dans les eaux du lac. La tour de la Tortue, en pierre, se dresse sur un petit îlot au centre.

J’y suis allé tôt le matin, entre 5 h 30 et 6 h 30, le meilleur moment : des centaines d’habitants font du tai-chi, du yoga du rire, du badminton et de la danse en groupe au bord de l’eau, dans la lumière douce et l’air frais, avant les vendeurs insistants. C’est mon moment préféré à Hanoi. Après le coucher du soleil, le pont Thê Húc et la tour de la Tortue s’illuminent, avec des reflets saisissants pendant les soirées piétonnes du week-end.

5. Traverser le pont Thê Húc jusqu’au temple Ngọc Sơn

Le temple Ngọc Sơn (temple de la Montagne de Jade) occupe un îlot à l’extrémité nord du lac Hoàn Kiếm, et j’y suis entré par le pont Thê Húc, le pont en bois laqué rouge de toutes les cartes postales de Hanoi. Le temple est modeste, la visite m’a pris environ trente minutes, et la pièce maîtresse est une tortue géante à carapace molle naturalisée, liée à la légende de l’épée. L’entrée coûte 30 000 VND (environ 1,10 €).

Épaules et genoux couverts : les gardiens vérifient, et débardeurs et shorts courts valent un refus catégorique. Des paréos sont parfois prêtés, mais un foulard léger dans le sac est plus sûr. Vise 8 h 00 à l’ouverture ou la fin d’après-midi, hors des heures des bus touristiques.

Temple Ngọc Sơn, le pont rouge Thê Húc la nuit, Hanoi
Temple Ngọc Sơn. Photo : denis zaitsev, Google Maps

Si tu ne dois choisir qu’un seul temple à Hanoi, file au Temple de la Littérature, que je trouve bien plus grandiose et plus chargé d’histoire pour une heure de visite. Ngọc Sơn, pratique au bord du lac, mérite un arrêt rapide pendant une balade dans le Vieux Quartier.

6. Voir les 82 stèles du Temple de la Littérature

Le Temple de la Littérature (Văn Miếu) est le site historique le plus important de Hanoi : un temple confucéen de 1070, bâti sous l’empereur Lý Thánh Tông, où ouvrit dès 1076 la première université du Vietnam, l’Académie impériale (Quốc Tử Giám). Pendant près de sept siècles, les lettrés y passèrent les examens impériaux qui formaient les mandarins, une méritocratie qui rappelle les concours de la fonction publique française.

Cinq cours murées se succèdent, chacune plus sacrée que la précédente. Dans la troisième, j’ai trouvé le plus remarquable : 82 stèles de pierre sur des tortues sculptées, gravées des noms, lieux de naissance et résultats des diplômés des concours tenus entre 1442 et 1779, inscrites au registre Mémoire du monde de l’UNESCO. Les cours sont paisibles, ombragées d’arbres centenaires, et l’architecture est distinctement vietnamienne plutôt que d’influence chinoise.

Sans contexte, le site peut ressembler à une succession d’espaces de pierre vides : renseigne-toi avant ou prends l’audioguide à l’entrée. L’entrée coûte 30 000 VND (environ 1,10 €) ; arrive à 8 h 00, à l’ouverture, avant les bus touristiques et les groupes scolaires, et compte 45 à 60 minutes. De mai à juillet, saison des remises de diplômes, les étudiants en toges et toques qui posent pour des photos ajoutent de l’énergie mais rompent la quiétude.

Temple de la Littérature, un portique entre deux cours, Hanoi
Temple de la Littérature. Photo : Hafid H, Google Maps

Le temple est à une vingtaine de minutes à pied au sud-ouest du lac Hoàn Kiếm, ou à une courte course en taxi. Mon matin à l’ouest de la ville : le mausolée de Hồ Chí Minh avant 8 h 00, la pagode au Pilier unique et la maison sur pilotis sur le même site, puis quinze minutes de marche vers le sud jusqu’ici, fini vers 11 h 00. La tenue modeste exigée au mausolée convient au temple.

7. Défiler devant le mausolée de Hồ Chí Minh, place Ba Đình

Le mausolée de Hồ Chí Minh sur la place Ba Đình, à Hanoi, avec la file d'attente des visiteurs
La file devant le mausolée : présente-toi avant 9 h 00, il n’y a aucune ombre.

Le mausolée, en granit et en marbre, domine la place Ba Đình, là où Hồ Chí Minh proclama l’indépendance du Vietnam le 2 septembre 1945. J’ai défilé en double file devant son corps embaumé, dans un cercueil de verre sous un éclairage tamisé, encadré par des gardes et dans un silence absolu : cinq à dix minutes à peine.

C’est l’un des rares endroits où voir un dirigeant national embaumé, avec Lénine à Moscou, Mao à Pékin et Kim Il-sung à Pyongyang. Si l’idée te met mal à l’aise, ou si tu crains « un mort bien conservé pendant une minute », l’extérieur du mausolée et la relève de la garde sur la place Ba Đình valent le détour, sans aucune file d’attente.

Les règles s’appliquent sans exception : jambes et épaules couvertes (shorts, débardeurs et jupes courtes sont refusés), double file, ni chapeau ni lunettes de soleil, mains hors des poches, silence total, sacs et appareils photo à la consigne. Les gardes rappellent à l’ordre au moindre écart : l’État vietnamien traite cette visite comme une expérience solennelle, quasi religieuse.

Présente-toi avant 9 h 00, ou prépare-toi à une longue file en plein soleil, sans ombre. Le mausolée ferme les lundis et vendredis, et plusieurs semaines chaque année (généralement d’octobre à novembre) pour l’entretien de conservation du corps. L’entrée est gratuite : ne paie personne qui vend des « billets » aux abords, c’est une arnaque.

8. Voir la maison sur pilotis et la pagode au Pilier unique

Les jardins autour du mausolée abritent deux sites que j’ai trouvés plus intéressants que le mausolée lui-même. Hồ Chí Minh vivait et travaillait dans la maison sur pilotis du palais présidentiel, une modeste demeure en bois au bord d’un étang à carpes, qu’il préféra au somptueux palais colonial français voisin, construit pour le gouverneur général de l’Indochine. Ce face-à-face entre le faste colonial et l’austérité volontaire est le point essentiel de la visite, et je l’ai trouvé saisissant.

La pagode au Pilier unique (Chùa Một Cột), édifiée à l’origine en 1049, est une petite pagode en bois perchée sur un unique pilier de pierre au milieu d’un bassin de lotus, conçue pour évoquer une fleur de lotus qui s’élève de l’eau. L’actuelle est une reconstruction de 1954 : les troupes françaises détruisirent l’originale lors de leur retrait d’Indochine, un souvenir douloureux pour les Hanoïens. Fidèle aux descriptions historiques, elle compte parmi les monuments les plus photographiés de la capitale. La pagode et la maison sur pilotis sont à quelques pas du mausolée et ajoutent environ trente minutes à la visite.

9. Voir le lac de l’Ouest depuis la pagode Trấn Quốc

La pagode Trấn Quốc occupe une petite péninsule du lac de l’Ouest (Hồ Tây), à environ deux kilomètres au nord du Vieux Quartier. Fondée au VIe siècle, avec quelque 1 500 ans d’existence, c’est le plus ancien temple bouddhiste de Hanoi : une tour de onze étages dans un jardin de stûpas qui renferment les cendres de moines défunts, et un arbre de la Bodhi qui viendrait d’une bouture de l’arbre originel de Bodh Gaya, en Inde, sous lequel le Bouddha atteignit l’Éveil. C’est le cadre qui m’a marqué : presque cernée par le lac de l’Ouest, le plus vaste plan d’eau de Hanoi, la pagode offre des vues dans toutes les directions, surtout dans la lumière de fin d’après-midi.

Pagode Trấn Quốc, la tour rouge au bord du lac de l'Ouest, Hanoi
Pagode Trấn Quốc. Photo : G ‘n’ G, Google Maps

L’entrée est gratuite, mais la pagode ferme lors de certaines cérémonies religieuses, et une tenue modeste est exigée (épaules et genoux couverts). Avec une promenade ou une balade à vélo le long des berges du lac de l’Ouest, elle compose une demi-journée de détente loin de l’intensité du Vieux Quartier.

10. Visiter la prison Hoa Lo, le « Hanoi Hilton »

Pour moi, la prison Hoa Lo est le site le plus stimulant intellectuellement de Hanoi. Construite en 1896 par l’administration coloniale française pour les prisonniers politiques vietnamiens, elle montre sans fard la guillotine, les entraves aux jambes, les cellules collectives exiguës et la chambre d’exécution : pour un visiteur français, c’est le versant sombre de la présence française en Indochine, loin de l’image romantique des boulevards et des villas.

Pendant la guerre du Vietnam, la même prison détint des prisonniers de guerre américains (dont le sénateur John McCain, qui y passa cinq ans et demi), qui la surnommèrent le « Hanoi Hilton ». Ce qui m’a frappé, c’est le contraste : dioramas grandeur nature de prisonniers enchaînés et méthodes de torture détaillées côté colonial, photos de détenus américains jouant au volleyball, décorant un sapin de Noël ou recevant des soins médicaux de l’autre. Cet écart est délibéré, et le percevoir est toute l’expérience : vas-y pour voir comment l’histoire est racontée, car ici, la propagande est l’exposition.

Prison Hoa Lo, l'entrée de la Maison Centrale, Hanoi
Prison Hoa Lo. Photo : Trí Nguyễn Minh, Google Maps

L’entrée coûte 30 000 VND (environ 1,10 €), et j’ai pris l’audioguide, 50 000 à 70 000 VND de plus (1,80 à 2,50 €), quasiment indispensable tant la signalétique est sommaire. Prévois 1 h 30 à 2 heures ; les représentations de torture et d’exécution de l’époque française sont éprouvantes pour certains visiteurs. La prison est rue Hỏa Lò, à quelques minutes à pied au sud du lac Hoàn Kiếm.

11. Voir l’Opéra de Hanoi, dans le quartier français

L'Opéra de Hanoi illuminé le soir, architecture coloniale française de style néo-classique
L’Opéra de Hanoi illuminé le soir : sa façade mérite un arrêt à elle seule.

Capitale de l’Indochine française de 1902 à 1954, Hanoi a gardé tout un quartier européen au sud et à l’est du lac Hoàn Kiếm, où j’ai eu un étrange sentiment de déjà-vu : les proportions et les volets à persiennes des rues de province françaises, sous un ciel tropical. C’est l’antithèse du Vieux Quartier, avec de larges boulevards bordés d’arbres, de grandes villas jaunes à la place des maisons-tubes et de vrais trottoirs, sans motos à esquiver.

L’Opéra de Hanoi, achevé en 1911 et directement inspiré du Palais Garnier de Paris, se dresse au bout de la rue Tràng Tiền, face à une petite esplanade. L’intérieur ne se visite qu’avec un billet de spectacle, mais la façade couleur crème mérite un arrêt à elle seule, surtout à l’heure dorée. Pour voir la salle, renseigne-toi sur « Làng Tôi » (Mon Village), un cirque en bambou d’acrobates vietnamiens, joué à plusieurs reprises chaque semaine, avec des billets en ligne.

12. Prendre un expresso au Sofitel Legend Metropole

Le Sofitel Legend Metropole, ouvert en 1901, est l’hôtel le plus célèbre de Hanoi et un monument à part entière : un bâtiment colonial blanc aux volets verts qui transporte dans une autre époque. Le hall est ouvert aux non-clients, et je me suis installé à La Terrasse, son café en bord de trottoir, pour un expresso aux prix de l’Indochine française version grand luxe : compte 150 000 à 200 000 VND (environ 5,50 à 7,30 €) la boisson. Son bunker en sous-sol, découvert lors de rénovations en 2011, ouvre occasionnellement pour des visites guidées.

13. Marcher de l’Opéra à la glace Tràng Tiền

Ma promenade part de l’Opéra et longe Ngô Quyền et Lý Thái Tổ, les deux boulevards coloniaux les plus imposants, dont les rues voisines abritent ambassades et bâtiments gouvernementaux dans des villas restaurées. Je suis passé par la cathédrale Saint-Joseph, en bordure du Vieux Quartier, et j’ai fini rue Tràng Tiền à la glace Tràng Tiền (kem Tràng Tiền), une institution hanoïenne depuis 1958 qui vend des glaces au riz gluant par un petit guichet sur la rue. Compte environ une heure en flânant, de préférence en début d’après-midi, la meilleure lumière pour photographier l’architecture.

Si tu connais Phnom Penh, Hô Chi Minh-Ville ou Pondichéry, ce style dit « indochinois » te parlera : du néo-classique français adapté au climat tropical (volets à persiennes, vérandas profondes, hauts plafonds pour la circulation de l’air), ici d’une densité exceptionnelle. Le bâtiment du Musée national d’histoire, à deux pas de l’Opéra, en est l’un des plus beaux exemples.

14. Visiter le musée d’Ethnologie du Vietnam

Le musée d’Ethnologie du Vietnam est à environ sept kilomètres à l’ouest du Vieux Quartier, en taxi (80 000 à 100 000 VND, soit 3 à 3,60 € depuis le centre). Pour moi, c’est le meilleur musée de Hanoi et l’un des meilleurs d’Asie du Sud-Est : il raconte les 54 groupes ethniques reconnus du Vietnam avec des maisons traditionnelles reconstituées à échelle réelle, des textiles, des objets cérémoniels et des documentaires vidéo.

Le point fort est la section en plein air, où je suis entré dans la plupart des maisons grandeur nature : une maison communautaire Bahnar (rông) au toit de chaume vertigineux, une maison sur pilotis Tày, une longue maison Êdê et d’autres. À l’intérieur, les galeries couvrent mariages, rites funéraires, pratiques agricoles et culture matérielle des hauts plateaux comme des plaines ; prévois deux à trois heures sans te presser.

Musée d'Ethnologie du Vietnam, une maison longue dans le jardin, Hanoi
Musée d’Ethnologie du Vietnam. Photo : Robert Szeremeta, Google Maps

L’entrée coûte 40 000 VND (environ 1,45 €), et le musée est fermé le lundi ; il se combine bien avec un après-midi au lac de l’Ouest voisin et à la pagode Trấn Quốc. Si tu as vu d’autres temples d’Asie du Sud-Est, comme les grands temples de Bangkok, tu apprécieras son angle radicalement différent sur la culture vietnamienne, au-delà de l’architecture religieuse.

15. Traverser le pont Long Biên au coucher du soleil

Le pont Long Biên à Hanoi au coucher du soleil, avec le fleuve Rouge et les plantations en contrebas
Le pont Long Biên au coucher du soleil, le moment que je te conseille pour le traverser.

Le pont Long Biên enjambe le fleuve Rouge à environ un kilomètre au nord du Vieux Quartier. Conçu par les ateliers de Daydé & Pillé (souvent attribué à la société de Gustave Eiffel, une paternité que débattent les historiens), il a été achevé en 1903 pour l’administration coloniale française. Bombardé à plusieurs reprises pendant la guerre du Vietnam et reconstruit à chaque fois, il mêle acier riveté d’origine et réparations en béton plus récentes.

Je l’ai traversé à pied au coucher du soleil, le moment idéal. Du milieu, la vue est saisissante : le fleuve Rouge en contrebas, des plantations de bananiers sur l’autre rive, et de temps à autre un train sur l’unique voie ferrée restante.

16. Voir l’épave du B-52 au lac Hữu Tiệp

Dans un petit quartier résidentiel à environ deux kilomètres à l’ouest du Vieux Quartier, l’épave d’un bombardier américain B-52 repose toujours dans le lac minuscule où il s’écrasa lors des bombardements de Noël de 1972. Les tôles tordues du fuselage et des sections d’aile sont restées là où elles sont tombées il y a plus d’un demi-siècle, cernées de maisons ordinaires.

Il n’y a ni musée, ni guichet, ni signalisation, à part une modeste plaque commémorative. Je me suis tenu au bord de cet étang de quartier à regarder l’épave pendant que la vie quotidienne continuait autour de moi, et j’ai trouvé ça surréaliste. Le site est gratuit et accessible à toute heure, rue Hoàng Hoa Thám, près de l’intersection avec la rue Ngọc Hà.

Lac Hữu Tiệp, épave du B-52, les débris de l'avion dans le lac, Hanoi
Lac Hữu Tiệp, épave du B-52. Photo : Văn Huy Nguyễn, Google Maps

17. Voir le bronze de Trấn Vũ au temple Quán Thánh

Le temple taoïste Quán Thánh, sur la rive sud du lac de l’Ouest, près de la pagode Trấn Quốc, date de la dynastie Lý (XIe siècle). Il abrite une statue en bronze de Trấn Vũ, le dieu taoïste du nord, haute de près de quatre mètres, coulée en 1677 et pesant environ quatre tonnes : elle compte parmi les plus belles fontes de bronze du Vietnam.

Le temple accueille bien moins de visiteurs que les sites majeurs, et l’entrée ne coûte que 10 000 VND (environ 0,36 €). Je l’ai combiné avec Trấn Quốc et une promenade le long du lac de l’Ouest en fin d’après-midi, quand la lumière rasante sur l’eau est la plus belle, avant un dîner dans l’un des restaurants qui bordent le lac.

18. Faire le tour du marché Đồng Xuân

Le marché Đồng Xuân, à l’extrémité nord des 36 rues, est le plus grand marché couvert du Vieux Quartier. Le rez-de-chaussée vend en gros (vêtements, tissus, articles ménagers), sans grand intérêt quand on est de passage ; je suis monté aux étages supérieurs, plus captivants, comme les rues autour : aliments séchés, épices, remèdes traditionnels et ustensiles de cuisine.

Le week-end en soirée, le marché nocturne qui s’installe dans les rues autour de Đồng Xuân tient davantage de la fête populaire locale que de l’attraction touristique, avec des stands de nourriture et des articles bon marché sur plusieurs rues. J’y suis allé pour l’ambiance et pour un bol de bún chả à l’un des stands environnants ; côté achats, rien d’utile à rapporter.

Bún chả fait maison, recette de marcwiner.com
Envie de le refaire à la maison ? Ma recette de bún chả est sur le site.

Je cuisine aussi le phở chez moi, et ma recette de phở est ici. Les autres plats de la cuisine vietnamienne, je les présente sur ma page dédiée.

Quand partir ?

Pour choisir tes jours : le mausolée ferme les lundis et vendredis et plusieurs semaines par an (généralement d’octobre à novembre), le musée d’Ethnologie le lundi, et les rues autour du lac Hoàn Kiếm ne sont piétonnes que du vendredi au dimanche soir. De mai à juillet, la saison des remises de diplômes remplit le Temple de la Littérature.

J’ai groupé les sites par quartier : le mausolée et le Temple de la Littérature le matin, le quartier français puis, en taxi, le lac de l’Ouest l’après-midi, et une journée entière pour le Vieux Quartier. Celle-ci commence au lac à l’aube (5 h 30 à 6 h 30) et à Ngọc Sơn à 8 h 00, puis passe par les 36 rues avec une halte pour un egg coffee au Café Giảng, le berceau de l’egg coffee, ou au Café Đinh, plus intimiste, avec un petit balcon sur le lac accessible par une ruelle étroite.

Après le déjeuner, c’est Hoa Lo, puis un trà chanh en terrasse près de la cathédrale Saint-Joseph, et la rue piétonne autour du lac si c’est le week-end. Mon kit : un foulard dans le sac, l’audioguide à Hoa Lo et la volonté de me lever avant l’aube.

Mes autres guides pour Hanoi

Mon guide des activités à Hanoi propose des itinéraires qui combinent sites patrimoniaux, circuits gastronomiques et excursions à la journée. Pour dormir, le Vieux Quartier et le quartier français sont les deux meilleures bases, chaque site majeur étant à distance de marche ou à une courte course en taxi : je les compare dans où loger à Hanoi. À pied, entre cours de temples et façades coloniales, Hanoi m’a rappelé le rythme des sites culturels de Bali ou des excursions historiques autour de Phuket, en plus dense et plus urbain. Pour les vols, l’hébergement et le budget, tout est dans mon guide complet pour visiter Hanoi.

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