Hanoi concentre mille ans d’histoire dans des rues que vous pouvez parcourir en une seule journée

Hanoi est l’une des plus anciennes capitales continuellement habitées d’Asie du Sud-Est, fondée en 1010 lorsque l’empereur Ly Thai To déplaça sa cour sur les rives du fleuve Rouge. Mille ans plus tard, la ville vit encore sur bon nombre des mêmes rues, autour des mêmes lacs, à l’intérieur des mêmes enceintes. Ce type de continuité est rare partout dans le monde, et plus rare encore dans une métropole de huit millions d’habitants où les motos envahissent chaque trottoir.
Ce qui distingue Hanoi des autres capitales de la région, c’est la densité de son patrimoine. Un temple confucéen de 1070 se trouve à quinze minutes à pied d’un opéra colonial français achevé en 1911. Une rue de corporations vieille de six siècles, où l’on vend encore de la soie, longe une ruelle où des prisonniers de guerre américains étaient détenus dans les années 1960. Vous n’avez besoin ni de voiture, ni de bus touristique, ni même de plan. Il vous faut des chaussures confortables, la volonté de traverser le trafic, et suffisamment de temps pour laisser la ville se révéler à pied.
Ce guide couvre chaque site patrimonial de Hanoi qui mérite véritablement votre temps, avec des détails précis sur les frais d’entrée, les codes vestimentaires, le timing et les arnaques à éviter en chemin. Pour un aperçu plus large de la planification de votre voyage, incluant les vols, l’hébergement et le budget, consultez notre guide complet de voyage à Hanoi.
Le vieux quartier : 36 rues de corporations et mille ans de commerce

Le vieux quartier (Phố Cổ) est le berceau de Hanoi. Ses 36 rues étaient à l’origine organisées par corporations artisanales au XIIIe siècle, chaque rue dédiée à un seul métier. Hàng Gai vendait de la soie. Hàng Bạc travaillait l’argent. Hàng Mã fabriquait des articles en papier et des objets cérémoniels. Beaucoup de rues portent encore le nom de leur corporation d’origine, et certaines perpétuent toujours leur métier ancestral, bien que la plupart se soient tournées vers le tourisme. Hàng Gai propose toujours de la soie et des vêtements sur mesure. Hàng Bạc vend désormais des bijoux en complément de son ancien travail d’orfèvrerie. D’autres se sont entièrement reconverties dans les souvenirs pour touristes.
La véritable expérience ici ne réside pas dans un seul bâtiment ou monument. C’est la texture même des rues : étroites, enchevêtrées, couvertes de devantures de boutiques et de petits autels, avec des motos garées sur chaque trottoir et des stands de nourriture débordant sur la chaussée. La meilleure approche consiste à se perdre délibérément dans les ruelles (appelées « ngõ » en vietnamien). Ces passages étroits entre les bâtiments mènent à des marchés couverts insoupçonnés, des ateliers familiaux et de petits sanctuaires bouddhistes qui n’apparaissent sur aucune carte.
Comment traverser la rue sans perdre son sang-froid
La circulation dans le vieux quartier est la première chose que chaque voyageur mentionne, et l’anxiété est bien réelle. Il y a très peu de feux de circulation, les motos sont dix fois plus nombreuses que les voitures, et les véhicules circulent dans toutes les directions sur des rues à peine assez larges pour deux scooters côte à côte. La technique qui fonctionne : avancez à un rythme régulier et prévisible, sans vous arrêter ni faire de mouvements brusques. Les motos vous contourneront comme l’eau contourne un rocher. Ne courez pas, ne vous figez pas, et ne cherchez pas le regard des conducteurs en espérant qu’ils s’arrêtent. Ils ne s’arrêteront pas ; ils s’adapteront. Si vous êtes nerveux, emboîtez le pas d’un habitant qui traverse et restez de son côté face au trafic. Lever légèrement la main aide également à signaler votre intention aux conducteurs.
Paradoxalement, marcher au bord de la chaussée est souvent plus facile que d’emprunter le trottoir, généralement encombré de motos garées, de tabourets en plastique et de vendeurs ambulants.
La rue des fresques Phùng Hưng et le côté caché du quartier
La rue des fresques Phùng Hưng se situe en bordure ouest du vieux quartier, là où les arches sous l’ancien viaduc ferroviaire ont été ornées de fresques à grande échelle représentant des scènes du Hanoi d’autrefois : vendeurs ambulants traditionnels, cyclo-pousse, ancien réseau de tramway. C’est un bon arrêt photo, et un endroit nettement moins fréquenté que les rues commerçantes principales.
À proximité, les rues autour de la cathédrale Saint-Joseph (rues Nhà Thờ et Lý Quốc Sư) offrent le meilleur cadre du vieux quartier pour s’attabler en terrasse avec un verre de trà chanh (thé glacé au citron vert) et observer la foule du soir. La cathédrale elle-même, construite en 1886 et directement inspirée de Notre-Dame de Paris, est un remarquable exemple d’architecture néo-gothique ; sa façade en pierre noircie par les intempéries tropicales lui confère une patine bien plus ancienne que ses 140 ans. Les voyageurs français y retrouveront un air de famille immédiat avec les cathédrales de la métropole, transposé sous les tropiques.
Marché nocturne et rues piétonnes du week-end
Du vendredi au dimanche soir, les rues entourant le lac Hoàn Kiếm sont fermées à la circulation et deviennent piétonnes. C’est le meilleur moment pour découvrir le vieux quartier. Le chaos des motos disparaît, remplacé par des familles, des artistes de rue, des jeux traditionnels (tir à la corde, danse du bambou), des enfants au volant de mini voitures électriques et des reprises de K-pop sur des scènes improvisées. Le marché nocturne lui-même vend principalement des souvenirs bon marché et des vêtements, mais c’est l’ambiance qui prime, pas le shopping. Les voyageurs qui ont visité Hanoi considèrent unanimement cette expérience comme « incontournable » si vos dates coïncident avec un week-end.
Arnaques à surveiller dans le vieux quartier
Le vieux quartier de Hanoi est extrêmement sûr en matière de criminalité violente, mais les petites arnaques financières sont monnaie courante. La plus fréquente : des femmes portant des paniers sur une palanche vous poseront leur attirail sur les épaules pour une « photo », puis exigeront 500 000 VND (environ 18 €). L’arnaque du cireur de chaussures consiste en quelqu’un qui pointe vos chaussures ou les touche pendant que vous êtes assis en terrasse, les nettoyant ou les recollant sans y être invité, puis réclamant une somme excessive. Pour les balades en cyclo-pousse, convenez toujours du prix par écrit avant de monter ; la « confusion » sur le nombre de zéros est un grand classique. Un « non » ferme et poli suffit dans tous les cas.
Le lac Hoàn Kiếm et le temple Ngọc Sơn : le cœur de tout

Le lac Hoàn Kiếm se niche entre le vieux quartier au nord et le quartier français au sud. C’est le centre géographique et émotionnel de Hanoi. Son nom signifie « lac de l’Épée restituée », d’après une légende selon laquelle l’empereur Lê Lợi reçut une épée magique d’une tortue dorée, l’utilisa pour repousser les envahisseurs chinois au XVe siècle, puis rendit l’épée à la tortue dans les eaux du lac. Une tour de la Tortue en pierre se dresse sur un petit îlot au centre du lac, visible depuis chaque rive.
Le meilleur moment pour s’y rendre est tôt le matin, entre 5 h 30 et 6 h 30. Des centaines d’habitants se rassemblent le long des chemins au bord de l’eau pour le tai-chi, le yoga du rire, le badminton et des chorégraphies de danse en groupe. La lumière est douce, l’air plus frais, et les vendeurs insistants ne sont pas encore de sortie. De nombreux voyageurs décrivent ce moment matinal comme leur souvenir préféré de Hanoi. Après le coucher du soleil, le lac se métamorphose : le pont Thê Húc et la tour de la Tortue s’illuminent, et les reflets sur l’eau sont particulièrement saisissants pendant les soirées piétonnes du week-end, lorsque les routes environnantes sont libérées de toute circulation.
Le temple Ngọc Sơn
Le temple Ngọc Sơn (temple de la Montagne de Jade) se trouve sur un petit îlot à l’extrémité nord du lac Hoàn Kiếm, accessible par le pont Thê Húc, le pont en bois laqué rouge emblématique que vous verrez sur chaque carte postale de Hanoi. Le temple lui-même est modeste et la visite prend environ trente minutes. La pièce maîtresse à l’intérieur est une tortue géante à carapace molle naturalisée, liée à la légende de l’épée du lac. L’entrée coûte 30 000 VND (environ 1,10 €).
Le code vestimentaire est de rigueur ici : les épaules et les genoux doivent être couverts, et les gardiens vérifient à l’entrée. Débardeurs et shorts courts vous vaudront un refus catégorique. Des paréos sont parfois disponibles en prêt à l’entrée, mais glisser un foulard léger dans votre sac reste plus sûr. Les meilleurs créneaux pour éviter la foule : vers 8 h 00 à l’ouverture ou en fin d’après-midi, en dehors des heures d’arrivée des bus touristiques.
Si vous ne devez choisir qu’un seul temple à Hanoi, passez votre chemin à Ngọc Sơn et filez au Temple de la Littérature. Ngọc Sơn est pratique (en plein centre, au bord du lac) et mérite un arrêt rapide lors d’une balade dans le vieux quartier, mais le Temple de la Littérature est bien plus grandiose, plus chargé d’histoire, et constitue un meilleur emploi d’une heure dédiée.
Le Temple de la Littérature : la première université du Vietnam, fondée en 1070
Le Temple de la Littérature (Văn Miếu) est le site historique le plus important de Hanoi. Construit en 1070 sous l’empereur Lý Thánh Tông en tant que temple confucéen, il accueillit dès 1076 la première université du Vietnam, l’Académie impériale (Quốc Tử Giám). Pendant près de sept siècles, les lettrés venaient ici étudier et passer les examens impériaux. L’institution forma les mandarins qui administrèrent l’État vietnamien, un système de méritocratie par le savoir qui n’est pas sans rappeler les concours de la fonction publique française.
Le complexe s’organise en cinq cours murées reliées par des portes successives, chacune progressivement plus sacrée. La troisième cour abrite l’élément le plus remarquable du temple : 82 stèles de pierre montées sur le dos de tortues sculptées, chacune gravée des noms, lieux de naissance et résultats d’examens des diplômés des concours tenus entre 1442 et 1779. Elles sont inscrites au registre Mémoire du monde de l’UNESCO et constituent le témoignage le plus complet qui existe de la classe intellectuelle vietnamienne à travers les siècles.
Les voyageurs passionnés d’histoire et d’architecture apprécient particulièrement ce site. Les cours sont paisibles, ombragées par des arbres centenaires, et l’architecture est distinctement vietnamienne plutôt que d’influence chinoise, ce qui surprend beaucoup de visiteurs s’attendant à un agencement classique de temple est-asiatique. En revanche, les voyageurs qui s’y rendent sans contexte trouvent parfois l’endroit décevant. Sans savoir ce que signifient les stèles ou pourquoi les cours sont ainsi disposées, le site peut ressembler à une succession d’espaces de pierre vides. La solution est simple : renseignez-vous avant la visite ou prenez l’audioguide disponible à l’entrée.
Informations pratiques
L’entrée coûte 30 000 VND (environ 1,10 €). Arrivez à 8 h 00 à l’ouverture pour devancer les bus touristiques et les groupes scolaires. Pendant la saison des remises de diplômes (mai à juillet), les cours se remplissent d’étudiants vietnamiens en toges et toques posant pour des photos ; cela ajoute de l’énergie mais rompt l’atmosphère de quiétude. Comptez 45 à 60 minutes de visite. Le temple se situe à une vingtaine de minutes à pied au sud-ouest du lac Hoàn Kiếm, ou à une courte course en taxi.
Un itinéraire matinal éprouvé combine le Temple de la Littérature avec le complexe du mausolée de Hồ Chí Minh, puisque les deux se trouvent du côté ouest de la ville, à l’écart du vieux quartier. Commencez par le mausolée tôt (avant 8 h 00), enchaînez avec la pagode au Pilier unique (à quelques pas), puis poursuivez jusqu’au Temple de la Littérature. Vous pouvez couvrir les trois sites en une seule matinée.
Le complexe du mausolée de Hồ Chí Minh : le mausolée, la maison sur pilotis et la pagode au Pilier unique

Le mausolée de Hồ Chí Minh est une imposante structure de granit et de marbre dominant la place Ba Đình, là même où Hồ Chí Minh proclama l’indépendance du Vietnam le 2 septembre 1945. À l’intérieur, le corps embaumé du fondateur de la nation repose dans un cercueil de verre sous un éclairage tamisé. L’expérience entière dure à peine cinq à dix minutes : vous défilez en double file, encadrés par des gardes, dans un silence absolu.
Les avis sont partagés. Certains voyageurs considèrent la visite comme une expérience unique au monde, l’un des rares endroits où l’on peut voir un dirigeant national embaumé (les autres étant Lénine à Moscou, Mao à Pékin et Kim Il-sung à Pyongyang). D’autres résument l’expérience en une phrase lapidaire : « un mort bien conservé pendant une minute » et préféreraient consacrer ce temps à autre chose. Si voir le corps embaumé vous met mal à l’aise, l’extérieur du mausolée et la relève de la garde sur la place Ba Đình valent le détour en eux-mêmes et ne nécessitent aucune file d’attente.
Règles strictes qui vous feront refouler à l’entrée
Le code vestimentaire est appliqué sans aucune exception. Jambes et épaules doivent être couvertes. Shorts, débardeurs et jupes courtes vous vaudront un refus catégorique à l’entrée. Au-delà de la tenue, vous devez marcher en double file, retirer chapeaux et lunettes de soleil, garder les mains hors des poches et observer un silence total. Sacs et appareils photo doivent être déposés à la consigne avant d’entrer. Les gardes vous rappelleront immédiatement à l’ordre au moindre écart. L’État vietnamien traite cette visite comme une expérience solennelle, quasi religieuse.
Le timing est crucial. Présentez-vous avant 9 h 00 ou préparez-vous à une longue file d’attente en plein soleil, sans aucune ombre. Le mausolée est fermé les lundis et vendredis. Il ferme également pendant plusieurs semaines chaque année (généralement d’octobre à novembre) lorsque le corps subit un entretien de conservation. L’entrée est gratuite. Ne payez personne vendant des « billets » aux abords du site : c’est une arnaque.
La maison sur pilotis et la pagode au Pilier unique
Les jardins autour du mausolée abritent deux sites que de nombreux voyageurs jugent plus intéressants que le mausolée lui-même. La maison sur pilotis du palais présidentiel est l’endroit où Hồ Chí Minh vivait et travaillait réellement, ayant préféré une modeste demeure en bois sur pilotis, au bord d’un étang à carpes, au somptueux palais présidentiel colonial français voisin. Le contraste entre le palais orné — construit pour le gouverneur général de l’Indochine — et la simple maison sur pilotis est le point essentiel de la visite, et il est véritablement saisissant. Les visiteurs français apprécieront tout particulièrement ce face-à-face architectural entre le faste colonial et l’austérité volontaire.
La pagode au Pilier unique (Chùa Một Cột), édifiée à l’origine en 1049, est une petite pagode en bois perchée sur un unique pilier de pierre émergeant d’un bassin de lotus. Elle fut conçue pour évoquer une fleur de lotus s’élevant de l’eau. La structure actuelle est une reconstruction de 1954 : les troupes françaises détruisirent l’originale lors de leur retrait d’Indochine, et ce geste reste un souvenir douloureux pour les Hanoïens. Le design est néanmoins fidèle aux descriptions historiques, et le site demeure l’un des monuments les plus photographiés de la capitale. La maison sur pilotis et la pagode se trouvent à quelques pas du mausolée et ajoutent environ trente minutes à votre visite.
La pagode Trấn Quốc : le plus ancien temple bouddhiste de Hanoi
La pagode Trấn Quốc se dresse sur une petite péninsule avançant dans le lac de l’Ouest (Hồ Tây), à environ deux kilomètres au nord du vieux quartier. Fondée au VIe siècle, elle affiche quelque 1 500 ans d’existence, ce qui en fait le plus ancien temple bouddhiste de Hanoi. La structure principale est une tour de onze étages s’élevant au milieu d’un jardin de stûpas renfermant les cendres de moines défunts, avec un arbre de la Bodhi qui aurait été cultivé à partir d’une bouture de l’arbre originel de Bodh Gaya, en Inde, sous lequel le Bouddha atteignit l’Éveil.
C’est le cadre qui rend Trấn Quốc si singulière. Le lac de l’Ouest est le plus vaste plan d’eau de Hanoi, et la pagode, presque entièrement cernée par les flots, offre des perspectives sur le lac dans toutes les directions. La lumière de fin d’après-midi est particulièrement propice à la photographie. L’entrée est gratuite, bien que la pagode ferme lors de certaines cérémonies religieuses. Tenue modeste exigée (épaules et genoux couverts). Combinée avec une promenade ou une balade à vélo le long des berges du lac de l’Ouest, cette visite compose une demi-journée de détente bienvenue loin de l’intensité du vieux quartier.
La prison Hoa Lo : le « Hanoi Hilton » et ses deux récits très différents
La prison Hoa Lo est le site le plus stimulant intellectuellement de Hanoi. Construite par l’administration coloniale française en 1896, elle servait à détenir des prisonniers politiques vietnamiens dans des conditions que les expositions décrivent sans fard : guillotine, entraves aux jambes, cellules collectives exiguës et chambre d’exécution. Cette section consacrée à l’époque coloniale est sans doute la plus percutante pour un visiteur français : elle confronte directement au versant sombre de la présence française en Indochine, loin de l’image romantique des boulevards et des villas. Pendant la guerre du Vietnam, la même prison détint des prisonniers de guerre américains, dont le sénateur John McCain, qui y passa cinq ans et demi. Les détenus américains la surnommèrent le « Hanoi Hilton ».
L’intérêt fondamental de ce site ne réside pas uniquement dans l’histoire, mais dans la manière dont elle est présentée. Les sections sur la période coloniale française sont brutales et minutieuses, avec des dioramas grandeur nature montrant des prisonniers enchaînés et des descriptions détaillées des méthodes de torture. La section consacrée aux prisonniers de guerre américains, en revanche, montre des photographies de détenus jouant au volleyball, décorant un sapin de Noël et recevant des soins médicaux. L’écart entre ces deux représentations est parfaitement délibéré, et le percevoir constitue toute l’expérience. Un voyageur l’a résumé avec justesse : « N’y allez pas en espérant une histoire neutre. Allez-y pour voir comment l’histoire est racontée. La propagande est l’exposition. »
Informations pratiques
L’entrée coûte 30 000 VND (environ 1,10 €). L’audioguide revient à 50 000 à 70 000 VND supplémentaires (1,80 à 2,50 €) et s’avère quasiment indispensable. Sans lui, la signalétique est sommaire et vous passerez à côté du poids émotionnel et du contexte historique de chaque salle. Prévoyez 1 h 30 à 2 heures. Les expositions de l’époque française incluent des représentations graphiques de torture et d’exécution que certains visiteurs trouvent éprouvantes. La prison se situe rue Hỏa Lò, à quelques minutes à pied au sud du lac Hoàn Kiếm, et s’intègre naturellement dans une journée de découverte du vieux quartier.
Le quartier français : architecture coloniale sur de larges boulevards

Hanoi fut la capitale de l’Indochine française de 1902 à 1954, et les Français y laissèrent un quartier entier d’architecture européenne, au sud et à l’est du lac Hoàn Kiếm. Pour un voyageur français, le quartier français de Hanoi provoque un étrange sentiment de déjà-vu : les proportions, les matériaux, les volets à persiennes rappellent immédiatement les rues de province, mais transposés sous un ciel tropical et noyés sous la végétation luxuriante. Ce quartier est en tout point l’antithèse du vieux quartier : larges boulevards bordés d’arbres au lieu de ruelles sinueuses, grandes villas jaunes au lieu de maisons-tubes, et de véritables trottoirs praticables où vous n’avez pas à esquiver les motos.
L’Opéra de Hanoi
L’Opéra de Hanoi, achevé en 1911, est la pièce maîtresse architecturale du quartier français. Directement inspiré du Palais Garnier de Paris, il se dresse au bout de la rue Tràng Tiền, face à une petite esplanade. Vous ne pouvez visiter l’intérieur qu’en achetant un billet de spectacle, mais l’extérieur mérite un arrêt à lui seul, surtout à l’heure dorée lorsque la lumière rasante caresse la façade couleur crème. Si vous souhaitez découvrir l’intérieur, renseignez-vous sur « Làng Tôi » (Mon Village), un spectacle de cirque en bambou interprété par des acrobates vietnamiens dans cette salle historique. Les représentations ont lieu plusieurs fois par semaine et les billets sont disponibles en ligne.
Le Sofitel Legend Metropole
Le Sofitel Legend Metropole, ouvert en 1901, est l’hôtel le plus célèbre de Hanoi et un monument architectural à part entière. Le bâtiment colonial blanc aux volets verts transporte instantanément dans une autre époque. Vous pouvez pénétrer dans le hall sans être client, ou vous installer à La Terrasse, le café en bord de trottoir, pour un expresso aux prix de l’Indochine française version grand luxe (comptez 150 000 à 200 000 VND, soit environ 5,50 à 7,30 €, pour une boisson). L’hôtel abrite également un bunker dans son sous-sol, découvert lors de rénovations en 2011, qu’il ouvre occasionnellement pour des visites guidées.
Un itinéraire à pied à travers le quartier français
Commencez par l’Opéra, puis longez les rues Ngô Quyền et Lý Thái Tổ, les deux plus imposants boulevards coloniaux. Les rues adjacentes abritent ambassades et bâtiments gouvernementaux installés dans des villas restaurées. Poursuivez jusqu’à la cathédrale Saint-Joseph, en bordure du vieux quartier, puis terminez sur la rue Tràng Tiền avec un arrêt obligé pour la célèbre glace Tràng Tiền (kem Tràng Tiền), une institution hanoïenne depuis 1958 qui vend des glaces au riz gluant depuis un petit guichet donnant sur la rue. La promenade entière prend environ une heure à un rythme de flâneur.
L’architecture du quartier français parlera immédiatement à quiconque a arpenté d’autres villes marquées par la colonisation, comme Phnom Penh, Hô Chi Minh-Ville ou Pondichéry. Le style dit « indochinois » — un mariage d’architecture néo-classique française avec des adaptations locales et tropicales comme les volets à persiennes, les vérandas profondes et les hauts plafonds favorisant la circulation de l’air — est ici d’une densité exceptionnelle. Le bâtiment du Musée national d’histoire, à deux pas de l’Opéra, en est l’un des plus beaux exemples.
Le musée d’Ethnologie du Vietnam : le meilleur musée de Hanoi
Le musée d’Ethnologie du Vietnam se situe à environ sept kilomètres à l’ouest du vieux quartier, suffisamment loin pour nécessiter un taxi (comptez 80 000 à 100 000 VND, soit 3 à 3,60 € depuis le centre). Régulièrement classé comme le meilleur musée de Hanoi et l’un des meilleurs d’Asie du Sud-Est, il documente les cultures, traditions et modes de vie quotidiens des 54 groupes ethniques reconnus du Vietnam à travers des reconstitutions à échelle réelle de maisons traditionnelles, des présentations détaillées de textiles, des objets cérémoniels et des documentaires vidéo.
La section en plein air constitue le point fort de la visite. Des maisons traditionnelles grandeur nature issues de groupes ethniques de tout le Vietnam ont été reconstituées sur le terrain du musée : une maison communautaire Bahnar (rông) avec son toit de chaume vertigineux, une maison sur pilotis Tày, une longue maison Êdê, et bien d’autres. Vous pouvez pénétrer dans la plupart d’entre elles. Les galeries intérieures couvrent les coutumes de mariage, les traditions funéraires, les pratiques agricoles et la culture matérielle des peuples des hauts plateaux comme des plaines. Prévoyez deux à trois heures si vous souhaitez explorer les sections intérieures et extérieures en profondeur.
L’entrée coûte 40 000 VND (environ 1,45 €). Le musée est fermé le lundi. C’est le genre d’endroit qui récompense la flânerie plutôt que la précipitation, et il se combine idéalement avec un après-midi au lac de l’Ouest voisin et à la pagode Trấn Quốc. Si vous avez visité des temples dans d’autres pays d’Asie du Sud-Est, comme les grands temples de Bangkok, vous apprécierez la manière dont le musée d’Ethnologie offre un angle radicalement différent sur la culture vietnamienne, bien au-delà de l’architecture religieuse.
Sites méconnus qui méritent un détour

Le pont Long Biên
Le pont Long Biên enjambe le fleuve Rouge à environ un kilomètre au nord du vieux quartier. Il fut conçu par les ateliers de Daydé & Pillé (souvent attribué à la société de Gustave Eiffel, bien que la paternité exacte fasse débat parmi les historiens) et achevé en 1903 pour le compte de l’administration coloniale française. Le pont fut bombardé à plusieurs reprises pendant la guerre du Vietnam et reconstruit à chaque fois, ce qui lui donne cette silhouette disparate mêlant acier riveté d’origine et réparations en béton plus récentes. Vous pouvez le traverser à pied, et les vues depuis le milieu sont saisissantes : le fleuve Rouge en contrebas, des plantations de bananiers sur la rive opposée, et de temps à autre un train franchissant l’unique voie ferrée restante. Le coucher du soleil est le moment idéal.
Le lac du B-52 (lac Hữu Tiệp)
Dans un petit quartier résidentiel situé à environ deux kilomètres à l’ouest du vieux quartier, l’épave d’un bombardier américain B-52 repose toujours dans un petit lac où il s’écrasa lors des bombardements de Noël de 1972. Le lac est minuscule, cerné de maisons ordinaires, et les tôles tordues du fuselage ainsi que des sections d’aile restent exactement là où elles sont tombées il y a plus d’un demi-siècle. Pas de musée, pas de guichet, pas de signalisation au-delà d’une modeste plaque commémorative. Vous vous tenez simplement au bord d’un étang de quartier et vous contemplez l’épave tandis que la vie quotidienne continue autour de vous. Le site est gratuit, accessible à toute heure, et véritablement surréaliste. Il se trouve sur la rue Hoàng Hoa Thám, près de l’intersection avec la rue Ngọc Hà.
Le temple Quán Thánh
Le temple Quán Thánh est un temple taoïste situé sur la rive sud du lac de l’Ouest, à proximité de la pagode Trấn Quốc. Édifié sous la dynastie Lý (XIe siècle), il abrite une statue en bronze de près de quatre mètres de haut représentant Trấn Vũ, le dieu taoïste du nord, coulée en 1677 et pesant environ quatre tonnes. Cette statue compte parmi les plus belles fontes de bronze du Vietnam. Le temple accueille bien moins de visiteurs que les sites majeurs, et l’entrée ne coûte que 10 000 VND (environ 0,36 €). Combinez-le avec la pagode Trấn Quốc et une promenade le long du lac de l’Ouest pour un après-midi au calme.
Le marché Đồng Xuân
Le marché Đồng Xuân est le plus grand marché couvert du vieux quartier, situé à l’extrémité nord des 36 rues. Le rez-de-chaussée vend des marchandises en gros (vêtements, tissus, articles ménagers) sans grand intérêt pour les visiteurs de passage. Les étages supérieurs et les rues environnantes sont plus captivants : aliments séchés, épices, remèdes traditionnels et ustensiles de cuisine. Le marché nocturne qui s’installe dans les rues autour de Đồng Xuân les week-ends en soirée tient davantage de la fête populaire locale que de l’attraction touristique, avec ses stands de nourriture et ses articles bon marché répartis sur plusieurs rues. Allez-y pour l’ambiance et un bol de bún chả à l’un des stands environnants, plutôt que dans l’espoir de dénicher quoi que ce soit d’utile à rapporter.
Comment organiser vos visites patrimoniales en itinéraires
Les sites patrimoniaux de Hanoi se regroupent naturellement par quartier. Plutôt que de zigzaguer à travers la ville, ces trois itinéraires couvrent l’essentiel de manière efficace.
Itinéraire du matin : du mausolée au Temple de la Littérature
Commencez par le mausolée de Hồ Chí Minh avant 8 h 00, enchaînez avec la pagode au Pilier unique et la maison sur pilotis sur le même site, puis marchez quinze minutes vers le sud jusqu’au Temple de la Littérature. Cet itinéraire couvre trois sites majeurs en une seule matinée et se termine vers 11 h 00, vous laissant l’après-midi libre. La tenue modeste exigée pour le mausolée convient parfaitement pour le temple.
Journée complète : vieux quartier et lac
Rejoignez le lac Hoàn Kiếm à l’aube (5 h 30 à 6 h 30) pour le tai-chi et la lumière dorée. Visitez le temple Ngọc Sơn à son ouverture à 8 h 00. Passez la matinée à arpenter les 36 rues, à vous égarer dans les ruelles et à faire halte pour un egg coffee au Café Giảng (le berceau de l’egg coffee) ou au Café Đinh (plus intimiste, avec un petit balcon surplombant le lac, accessible par une ruelle étroite). Après le déjeuner, consacrez l’après-midi à la prison Hoa Lo avec l’audioguide (1 h 30 à 2 heures). Terminez la journée à la cathédrale Saint-Joseph et dans les rues environnantes pour un trà chanh en terrasse. Si c’est le week-end, restez pour la rue piétonne autour du lac en soirée.
Après-midi : quartier français et lac de l’Ouest
Parcourez l’itinéraire du quartier français (Opéra, Metropole, boulevards Ngô Quyền et Lý Thái Tổ, glace Tràng Tiền) en début d’après-midi, lorsque la lumière se prête le mieux à la photographie d’architecture. Prenez ensuite un taxi jusqu’au lac de l’Ouest pour visiter la pagode Trấn Quốc et le temple Quán Thánh en fin d’après-midi, quand la lumière rasante sur l’eau est la plus belle. Terminez par un dîner dans l’un des restaurants bordant le lac de l’Ouest.
Pour des itinéraires d’activités plus structurés combinant sites patrimoniaux, circuits gastronomiques et excursions à la journée, consultez notre guide des activités. Si vous hésitez sur où loger à Hanoi, le vieux quartier et le quartier français sont les deux meilleures bases pour l’exploration patrimoniale, car chaque site majeur se trouve à distance de marche ou à une courte course en taxi. L’expérience de parcourir le patrimoine de Hanoi à pied, naviguant entre cours de temples et façades coloniales, possède un rythme comparable à l’exploration des sites culturels de Bali ou des excursions historiques autour de Phuket, mais sous une forme plus dense et résolument urbaine.
Hanoi ne présente pas son histoire derrière des cordons de velours ni dans des galeries climatisées. L’histoire, c’est la ville elle-même : les rues, les ponts, les lacs, les bâtiments dans lesquels les gens vivent et travaillent encore chaque jour. Un foulard dans votre sac, un audioguide à Hoa Lo et la volonté de vous lever avant l’aube vous rapprocheront davantage de la compréhension de cette ville que n’importe quel bus touristique. Pour une vue d’ensemble complète de la planification de votre voyage, retrouvez notre guide complet de voyage à Hanoi.
